‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 133 sur 229 · LIVRE XII®. — CHAPITRE lie · texte numérisé non relu

LIVRE XII®. — CHAPITRE lie

mesure que les éléments qu'elles impliquent, produits eux-mêmes antérieurement, y ont réalisé les conditions de leur existence ; si ces essences , mutuellement liées par d'intimes rapports et néanmoins inaltérables , constituent, dans le monde physique, des êtres radicalement distincts, à jamais renfermés dans les limites de la forme invariable qui les spécifie, ou s'ils ne sont que des modifications contingentes d'un élément simple, primitif et universel, modifications résultantes de la diversité des arrangements moléculaires qu'engendre le mouvement; il s'agit enfin d'une des plus hautes questions de la science générale, qui se représente, sous différentes faces ; dans toutes les sciences particulières, sitôt qu'on y pénètre à quelque profondeur, et dont la solution est le fondement principal de la théorie de chacune d'elles.

La discussion si animée qui s'éleva naguères entre deux hommes de génie , Geoff/oy-Saint-Hilaire et Cuvier, et qui se prolonge entre leurs écoles, portoit uniquement sur cette question envisagée dans ses relations spéciales avec la zoologie. Mais peutêtre, ainsi resserrée, ne se prctoit-elle pas à une solution assez complette, assez rigoureuse, les conclusions ne pouvant s'étendre au-delà des faits mêmes que de part et d'autre on s'opposoit , faits secondaires, souvent isolés, équivoques quelquefois, et

susceptibles d'interprétations diverses. Nous essaierons de jeter quelque jour sur cet important sujet, en le considérant dans sa plus grande généralité philosophique.

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