‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 138 sur 229 · LIVRE XII*.— CHAPITRE lïl · texte numérisé non relu

LIVRE XII*.— CHAPITRE lïl

leur mutuelle indépendance, elles deviennent un être un, un être qui sent, un être qui pense : et tout cela est le produit d'une figure de géométrie î

Mais de plus, dès l'entrée de la science, on rencontre des faits qui renversent Thypothèse selon laquelle la variété dans la nature résulteroit uniquement de la diversité des arrangements que peuvent prendre entr'elles des molécules similaires. Car l'isomosphisme en chimie minérale, en chimie organique, les substitutions, nous montrent des arrangements identiques coïncidant, dans certains corps, avec des propriétés moléculaires différentes.

Il semble donc que, dès qu'on sépare la science des réalités physiques de celle des réalités immatérielles, il devient impossible de concevoir la coexistence de l'unité et de la variété, qu'affirmer l'une, ce soit nier l'autre ; et cependant nier l'unité c'est nier l'intelligence pour qui l'idée d'être et Tidée de cause se résument dans l'idée d'unité ; nier la variété, c'est nier avec rintelligence à laquelle elle est invinciblement présente, l'universel témoignage des sens. La conscience même que l'on a de soi implique l'unité, puisqu'on se sent un; implique la variété, puisqu'on se sent distinct d'objets extérieurement perçus, et que, de plus, sans sortir de soi, on a le sentiment de la variété dans son propre être.

Il ne faut pas se persuader que ces questions en

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