LIVRE XIl«. — CHAPITRE III*. 27S
Or, identique avec Tidée de détermination, l'idée de forme est dès-lors identique aussi avec l'idée de variété, puisqu'elle enferme celle de distinction.
La substance infinie, essentiellement une, sans quoi elle ne seroit pas infinie, contient donc en soi le principe de la variété, sans quoi n'étant pas déterminée, elle ne seroit en aucune manière.
Mais la détermination, la forme de la substance infinie étant infinie comme elle, puisqu'elle l'affecte tout entière, toutes les formes finies, idéalement distinctes en elles, n'en sont que les limitations possibles, dépendantes, quant à leur existence réelle, hors de l'Être absolu, de l'existence du fini même.
Et puisque ces formes subsistent idéalement distinctes dans la forme infinie dont elles ne peuvent être que des limitations, il existe donc dans la substance une quelque chose qui opère cette distinction, ou quelque chose nécessairement conçu comme le principe virtuel du fini.
Sa réalisation effective hors de l'Être qui en a le principe en soi, n'impliquant aucune nécessité, ne sauroit être l'objet d'une démonstration logique. Simplement possible, elle représente dans leur ensemble toutes les existences contingentes, lesquelles n'admettent que des preuves de fait.
Or, de fait, le fini existe, puisque nous existons, puisqu'il existe, suivant l'invincible sentiment que
276 II' PARTIE. — DE L'nOMME.
nous en avons, une innombrale variété d'êtres également finis, dans ce qu'on appelle FUnivers.
Les conditions fondamentales et générales de Têtre étant nécessairement renfermées dans TÊtre absolu, on est forcé de concevoir l'Univers comme on conçoit cet Être même, avec cette unique différence qui les sépare éternellement, que tout ce qui dans l'un est infini, est fini dans l'autre.
L'Univers est donc nécessairement conçu sous la notion de substance, mais de substance limitée, finie ; et à la substance finie, comme à la substance infinie, sont inhérentes trois énergies que son existence implique rigoureusement, la force, la forme, la vie ou le principe spécial qui unit les deux autres.
La substance finie, divisible dès-lors, et conséquemment étendue, offre dans son mode d'être, l'idée d'un fluide primordial, universel, admis, en effet, sous le nom d'étber; et Ton admet encore dans ce fluide trois énergies qui participent à son mode d'être physique, Télectricité, la lumière et le calorique.
Qu'est-ce en soi que l'électricité, la lumière et le calorique? La science observe, cherche, expérimente : elle n'a rien conclu jusqu'ici.
Selon nous, Télectricité correspond à la force; elle est le principe actif producteur du mouvement. La lumière correspond à la forme; elle est le prin-