‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 141 sur 229 · LIVRE XIP. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE XIP. — CHAPITRE III

cipe qui, dans chaque être, le détermine à être ce qu'il est. Le calorique correspond à la vie; il est le principe qui unit la force qui meut et développe, au principe qui règle le développement et le rend possible en le déterminant.

Ainsi l'unité, dans la Création, a pour base la substance essentiellement simple; et de plus, en tant que la substance une est douée de propriétés, d'énergies diverses, elle résulte de l'action propre du principe qui, soit dans le tout, soit en chacun des êtres dont se compose le tout, unit ces énergies, selon des lois toujours les mêmes dans leur rapport avec la limite qui ne change point, modifiées en chaque être positif par sa nature particulière.

La variété a son origine dans le principe de forme ou de détermination. Nul être ne diffère d'un autre être que par la détermination, la forme, la nature qui le constitue proprement et distinctivement ce qu'il est. Toute nature, toute forme, toute détermination est absolue en soi : elle est, ou n'est pas; elle ne peut devenir une autre détermination, une autre forme, une autre nature, car elle seroit à la fois, dans son unité, deux choses dissemblables^ deux choses qui s'excluent.

Si donc il n'existoit pas un principe de forme contenant en soi toutes les formes possibles, il n'existeroit aucune variété, la notion même en seroit con-

tradictoire. Donc encore chaque forme, chaque nature, nécessaire, éternelle comme le principe de forme, existe réellement dans la substance à laquelle ce principe est inhérent. Elle y existe idéalement, c'est-à-dire, selon son essence, et en appelant ^erme cette essence, la réalisation d'une forme, d'un être quelconque dans l'Univers physique, n'est que le développement d'un germe, développement qui s'opère lorsque les conditions qu'il implique ont été ellesmêmes préalablement réalisées. Ainsi, supposé que la lumière soit, comme nous le pensons, le fluide de la forme, la lumière est la semence des formes ; et c'est pourquoi aucune ne se produit sans l'action de la lumière, non moins indispensable dans tous les phénomènes que celle du calorique et de l'électricité.

Mais si chaque forme est immuable, inaltérable en soi, toutes les formes particulières, éléments, pour ainsi parler, de la forme infinie, ont entr'elles un lien nécessaire, des relations de dépendance manifestées par de mutuelles afiinités, qui manifestent elles-mêmes une tendance commune à s'ordonner dans le monde phénoménal comme elles le sont dans la forme suprême, à la reproduire dans sa complexité et son unité infinie. Et en effet, toute forme plus simple est l'élément d'une forme plus complexe, et, dans le corps qui la représente au sein du monde physique, plus une en même temps ; de sorte que

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