‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 143 sur 229 · LIVRE Xlie. — CHAPITRE III*. 28i · texte numérisé non relu

LIVRE Xlie. — CHAPITRE III*. 28i

Mais l'idée de substance, quoique première et fondamentale, ne représente pas complettement les faits; car si tous impliquent la substance, elle n'implique pas elle-même, en tant que simple, ce qu'ils offrent de divers, elle l'exclut au contraire. La physique donc, contrainte de reconnoître la diversité et d'en rechercher la cause, admet dans la substance radicalement simple, dans Véther, trois propriétés générales qu'elle appelle lumière, électricité, calorique, sans les définir respectivement, sans se prononcer sur ce qui constitue et leur essence et leurs fonctions, indécise même sur le point de savoir si ce sont réellement des propriétés différentes, ou seulement des manifestations diverses d'une même propriété. Il semble toutefois que ce ne soit ici, comme nous l'avons remarqué précédemment * , qu'une question de mots; car que l'électricité, la lumière et le calorique soient trois modes d'action d'un fluide unique, ou qu'ils soient essentiellement distincts dans ce fluide, la diversité des effets n'oblige pas moins de les concevoir comme des causes diverses.

Cependant la physique qui ne s'occupe que des phénomènes généraux, sans pénétrer au-dedans des êtres particuliers pour étudier leur nature propre, laisse par là même dans le vague la grande

! Liv.X, ch. III.-

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question delà variété, qui ne se présente nettement qu'à Toccasion de ces êtres. Elle commence à devenir capitale en chimie. La chimie, en effet, se propose de classer les corps selon leurs genres et leurs espèces, conséquemment de les défmir parce qu'ils ont de distinclif. Elle est donc conduite à se demander en quoi consiste la distinction même, et quel en est le principe. Or, toute distinction n'est évidemment qu'une détermination de la substance, différente d'une autre détermination. Dans le langage commun, qui est aussi le nôtre, on nomme [ormes ces déterminations différentes^ constitutives d'êtres différents.

Nous croyons avoir clairement montré que le mouvement, simple moyen d'arrangement dans l'espace, ne peut être le principe de détermination ou le principe de forme, puisque le mouvement, pour être possible, implique, outre la force qui l'engendre, une cause qui le détermine, la force étant par elle-même indifférente à toute détermination. Quand donc la différence des déterminations, des formes, des natures, ne seroit qu'une différence dans les modes d'agrégation des molécules dont se composent les corps, il faudroit encore reconnoître que ces différences d'agrégation dépendent d'une cause qui n'est pas celle du mouvement, d'un principe spécial et universel. Mais, comme nous l'avons

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