‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 147 sur 229 · LIVRE XIi%— CHAPITRE IVe · texte numérisé non relu

LIVRE XIi%— CHAPITRE IVe

dans leurs types, contingents dans leur réalisation effective au sein de 1 Univers.

La forme ou le principe de détermination est le principe de variété, car Tidée de variété n'est que l'idée de déterminations différentes.

Aucune détermination n'admet en soi, dans ce qui la constitue ce qu'elle est, de mutation possible, sans quoi tout ensemble elle seroit et ne seroit pas : donc toute forme est en soi immuable et inaltérable, elle est ou n'est pas, de même que, dans un ordre connexe, toute figure géométrique est immuable et inaltérable, est ou n'est pas.

Mais, comme les figures géométriques se combinent de telle sorte que les figures plus simples deviennent les éléments de figures plus complexes, oià, sans être changées, altérées dans leur essence, elles subsistent absorbées par elles et ramenées à leur unité; ainsi les formes plus simples deviennent les éléments de formes plus complexes, où, sans être changées, altérées dans leur essence, elles subsistent absorbées par elles et ramenées à leur unité.

Ceci n'est que l'expression rigoureuse des faits mêmes. Qu'en se combinant deux corps en produisent un troisième; ils disparoissent en lui avec leurs caractères, leurs affinités propres. Pendant que subsiste la combinaison, on ne sauroit les y discerner, ils sont devenus de simples éléments d'une forme

pins complexe qui, les absorbant en elle-même, les soumet à ses lois différentes des leurs. Sont-ils détruits? Nullement. Que ce corps se décompose, que la forme qui le spécifie, cesse d'agir sur les autres formes qu'elle s'étoit appropriées, assimilées par son énergie essentielle, aussitôt celles-ci reparoissent telles qu'elles étoient avant que la combmaison se fût opérée.

Il est à remarquer que le poids total de corps qui se combinent est toujours égal à la somme des poids de chacun d'eux, et que, dans son essence, sa nature, la combinaison est entièrement indépendante de ce poids : d'où il résulte que sa cause, quelle qu'elle soit (cause réelle puisqu'elle produit un effet réel) est en dehors et agit en dehors de ce qui constitue matériellement les corps : ce qui conduit immédiatement à cette conclusion générale, que tous les phénomènes de variété ont leur raison, leur principe efficient et générateur en quelque chose qui ne peut être conçu comme matériel ou comme étendu.

Considéré individuellement, chaque corps inorganique, indéfiniment divisible sans cesser d'être complet en ce qui fait son essence, se résout dans cette essence même indi visiblement une,* et c'est le terme auquel aboutissent toutes les doctrines atomistiques, doctrines pleines de contradictions, tant qu'elles accordent une étendue quelconque à l'atome.

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