LIVRE Xlie. — CHAPITRE IV
Ainsi, quelles qu'en soient les dimensions, un corps homogène n'est qu'une essence, une forme, indivisible, une, immatérielle dès-lors, indéfiniment multipliée sous les conditions de l'étendue, qui, laissant le corps essentiel ce qu'il est, n'y ajoutant rien, n'en retranchant rien, ne le modifiant en aucune manière, n'ont de rapport qu'au nombre pur.
Bien que l'unité des corps organisés se résolve également dans celle de la forme qui les détermine, il y a néanmoins entre eux et les corps inorganiques cette différence, qu ils ne sont pas un simple assemblage de molécules numériquement distinctes et du reste identiques en tout. Leur unité d'un ordre plus élevé, implique, dans sa complexité, la coexistence de parties dissemblables, dépendantes l'une del'autre, intimement liées l'une à l'autre, ayant chacune ses propriétés , parce que chacune a dans Têtre un ses fonctions nécessaires, qu'il ne subsiste que par le concours et l'harmonie de ces fonctions diverses, comme ces parties ne subsistent elles-mêmes que par leur mutuel enchaînement dans la forme supérieure qui les ordonne selon ses lois et dirige leur action aune fin commune.
Chaque être organisé est, dans l'espèce à laquelle il appartient, ce qu'est dans l'être inorganique la simple molécule, pareille en tout aux autres molécules et indépendante d'elles, quant à son existence