‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 15 sur 229 · LIVRE X«. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE X«. — CHAPITRE II

des distances et des niasses, c'est-à-dire uniquement par ses relations avec Tétendue.

Au point de vue de la théorie, les premières connoissances, les premières lois, consistent donc dans la connoissance de l'instrument logique de la science des corps, le nombre, et dans ses lois, qui sont les lois abstraites des corps eux-mêmes entant qu'étendus. Ainsi, dans un autre ordre, le langage que caractérise le verbe, instrument logique de la connoissance des réalités spirituelles ou non étendues, en représente les lois par ses lois générales, invariables, nécessaires , et ces lois du langage sont également les premières lois qu'on puisse théoriquement concevoir, au même sens que le langage lui-même est le moyen rigoureusement indispensable de toute connoissance ultérieure.

Au point de vue de l'observation, ce que l'Univers offre de plus simple, de plus élémentaire, pour parler de la sorte, ce sont les amas d'une matière diffuse, lumineuse par elle-même, irrégulièrement dispersés dans l'espace, et qu'on a nommés nébuleuses. Elles ouvrent la série des formations cosmiques, car elles représentent le premier état auquel ont subsisté les astres innombrables dont est peuplé le fîrniament. Dans cette matière phosphorescente, d'une ténuité extrême, s'établissent des centres d'attraction autour desquels elle se précipite, se condense

toujours plus, jusqu'à ce que, sous des conditions différentes de temps et de masse, il en résulte des noyaux d'une densité croissante, destinés à devenir, par la continuation du même travail interne, des globes semblables à ceux que nous nommons étoiles, lesquels, isolés ou liés en groupes binaires, ternaires, etc., constituent autant de syst^es particuliers dans le système général de la Création.

Telle est la Genèse des mondes : perpétuellement ils naissent et se développent dans les plaines ôthérées qu'ils émaillent, comme des fleurs célestes, de couleurs variées.

L'analogie conduit à présumer que chacun de ces astres, en cela semblables à notre soleil, est environné de corps opaques, qui, retenus dans sa sphère d'attraction et doués d'un mouvement propre, accomplissent, ainsi que lui-même, autour de leur centre de gravité, des révolutions périodiques, en même temps qu'éclairés de sa lumière, échauffés de ses feux, la vie s'épanouit à leur surface sous des formes indéfiniment diverses.

Car on ne sauroit douter que la vie ne soit répandue au sein de la Création entière. Elle n'est certainement pas l'attribut exclusif de notre planète imperceptible. Le souffle divin remplit l'Univers, et partout il s'y manifeste en des multitudes d'êtres qui s'élèvent de l'organisation la plus rudimentaire,

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