LIVRE X" — CHAPITRE II
au sentiment et à la pensée, progressive elle-même sans fm, sans terme, ainsi que la puissance, dont sa fonction est de diriger l'emploi.
Aux phénomènes qu'offrent les corps stellaires et planétaires, correspond la science astronomique. Elle recherche les lois de leurs mouvements, lesquels ne sont qu'une application des lois de la mécanique pure. La considération nécessaire des forces qui produisent ces mouvements, celle des milieux oii ils s'accomplissent, jointes à l'observation des faits dépendants de ce qu'on appelle lumière, calorique, électricité, engendrent la physique générale.
Outre ces phénomènes dont l'espace entier est le lieu, Fastronomie est parvenue, dans ses merveilleux progrès, à en constater de plus complexes, de plus rapprochés de ceux au milieu desquels nous vivons, pour ainsi parler. Par elle, la Science s'est enrichie de notions certaines sur la constitution physique des planètes et du soleil même ^ : et qui, à cet égard, oseroit assigner une dernière limite, soit à l'observation possible, soit aux conséquences qui peuvent en être légitimement déduites ? On conçoit, au surplus, que le développement propre de la
' Mieux connus, les bolides pourront ajouter à ces connoissances , et peut-être répandre une nouvelle lumière sur les causes priuiitives, les lois et le mode des formations cosmiques.
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3i lie PARTIE. — DE L'HO.MME.
terre, les états successifs par lesquels elle a dû passer pour devenir ce qu'elle est, nécessairement liés à la loi du développement universel, en manifestent les conditions fondamentales et l'ordre progressif.
Lorsqu'elle cessa de former un simple amas de gaz unis par une foible attraction, que ces gaz, en se condensant, en exerçant les uns sur les autres leurs affinités réciproques, engendrèrent un nombre toujours croissant d'agrégats divers liquides ou solides, sous certaines conditions de densité et de température variable ; lorsqu'en un mot elle se revêtit de l'enveloppe compacte qui la recouvre, de nouvelles énergies, de nouvelles lois se révélèrent dans des phénomènes nouveaux.
Représentez-vous, en effet, les phases progressives de cette grande genèse. Aux concrétions qui forment la première couche de l'écorce terrestre, se superposent d'autres concrétions de plus en plus variées. Elles servent de base aux eaux, à mesure qu'elles se condensent par le refroidissement du diaphragme qui sépare la superficie du foyer interne d'ignition ; car il y a lieu de penser qu'à une profondeur relativement peu considérable, la chaleur est telle que tous les corps y doivent être en fusion. L'atmosphère aussi se condense au-dessus de la planète dont elle fécondera la surface. Elle de-