‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 150 sur 229 · LIVRE Xîîe. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE Xîîe. — CHAPITRE IV

chimiques, la pure observation des faits, séparée de leur interprétation philosophique, ne révèle pas la cause première en vertu de laquelle s'opèrent les combinaisons, elle montre, à Torigine même de la formation des corps organisés, une cause génératrice des phénomènes qui se produisent successivement, et toujours selon le même ordre, dans les êtres de même nature. Evidemment ici le corps ne se forme point par la simple action de certaines affinités réciproques, par la mutuelle tendance qui sollicite ses éléments déjà formés, ses parties préexistantes à s'unir, car ses appareils, ses organes, ses tissus ne préexistent pas ; mais, au contraire, il a en soi, dès rinstant où commence son évolution, un principe qui la détermine, une énergie qui, selon des lois à jamais invariables, réalise ces tissus, ces organes, ces appareils divers.

Il existe chez les êtres organisés des différences constantes d'organisation sur lesquelles se fonde leur distribution en classes, familles, genres , espèces. De ces différences et d'elles seules résulte la variété dans le règne végétal et le règne animal. La notion de la variété dans ces deux règnes dépend dès-lors de celle qu'on peut se former de ces différences et de leurs causes. A cette question d'une importance première, non-seulement en philosophie, mais pour la science elle-même, s'en rapportent plusieurs

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autres que nous ne traiterons point dans ce chapitre. Elles seront mieux à leur place, lorsque nous parlerons des végétaux et des animaux. Nous voulons ici nous borner aux considérations les plus générales.

Observons d'abord que, quelle que soit Topposition des systèmes, il y a une idée et un mot qu'aucun d'eux n'a pu éliminer, l'idée et le mot de type; car encore faut-il bien reconnoîlre des différences parmi les êtres, des empreintes diverses et leur donner un nom. Mais si quelques-uns croient que toute différence spécifique correspond à un type immuable, d'autres pensent qu'il n'existe qu'un type indéfiniment modifiable par l'action des milieux où il se développe.

Cette dernière hypothèse semble également inconciliable avec ce que la logique force d'admettre philosophiquement, et avec les faits d'expérience. En effet, ce type unique n'étant point déterminé immuablement, ne le seroit point essentiellement, ce qui détruit l'idée même de type, et, à sa place, substitue celle de la substance indéterminée. La question de la variété n'a pas fait un pas, elle reste entière, puisqu'il reste toujours à expliquer l'origine première de la forme ou de la détermination, laquelle évidemment a une cause, un principe antérieur à ce qu'on nomme les miUeux, dont l'existence

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