LIVRE XïP. — CHAPITRE IVe
implique certaines déterminations. Un type universel renfermant tous les autres types, ne pourroitêtre conçu que sous la notion de la forme infinie qui contient en soi toutes les formes possibles, ou comme la détermination propre de l'Être absolu dans lequel tous les êtres limités et contingents dès-lors ont leur principe d'être. Mais on entreroit par cette voie dans un système tout autre que celui que nous examinons.
Les milieux cependant, comme nous l'avons dit ailleurs et comme nous Texpliquerons de nouveau bientôt, exercent une influence très-grande dans la production et le développement des êtres. Ils ne créent pas les types, mais ils sont , dans le monde physique, une condition indispensable de leur évolution. S'ils les créoient, il n'existeroit dans le même milieu qu'un seul type, une seule détermination possible des êtres qui s'y produiroient. Or, au contraire, les mêmes milieux offrent des multitudes d'êtres différents de nature ou de forme. De plus, si le type qui spécifie chacun de ces êtres n'étoit que l'effet, le terme de l'action des milieux, il ne .seroit en soi qu'une simple modalité, que quelque chose de purement passif, tandis que les faits montrent évidemment qu'en chaque type réside une énergie active, une puissance organisatrice distinctivement déterminée. Le type, c'est le germe, et
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l'être est virtuellement tout entier dans le germe : c'est pourquoi d'un môme germe il ne sort jamais qu'un même être, et deux germes divers étant donnés, le travail interne de chacun réalise, avec des matériaux identiques, des organismes ditférents.
Quoique immuables radicalement, les types, surtout à mesure qu'ils deviennent plus complexes, peuvent offrir dans leur développement certaines modifications dépendantes des influences externes auxquelles ils sont soumis. De là les monstruosités individuelles et les variétés plus ou moins durables que présentent les espèces soit végétales, soit animales, variétés qui n'affectent que les caractères extérieurs, et n'allèrent point, en ce qu'il a d'intime, leur type essentiel. Qu'on laisse de côté les faits obscurs, insuffisamment observés, imparfaitement connus; qu'on s'en tienne à ceux qui, dans leur ensemble, constituent toute la science expérimentale certaine, non seulement on n'y trouvera pas un seul exemple d'une réelle transformation de type ou d'espèce, mais ils fourniront la preuve la moins équivoque de l'immulabililé fondamentalement absolue de ces mêmes espèces.
Sur un point de cette importance, on ne sauroit se dispenser de produire l'exprès témoignage de quelques-uns des hommes qui jouissent dans la science de l'autorilé la plus haute et la mieux mé-