LIVRE XII®. — CHAPITRE IV®. 29S
ritée. Nous choisirons de préférence ceux qu^on peut le moins soupçonner d'une préoccupation propre à les induire en des erreurs favorables à la théorie que nous défendons en ce moment.
(c Dans les déformations variées que peuvent (c éprouver les êtres organisés, dit M. Serres, ja- (( mais ils ne dépassent les limites de leur classe « pour revêtir les formes de la classe supérieure : « jamais un poisson ne s^ élèvera aux formes encé- (( phaliques d'un reptile. Celui-ci n'atteindra jamais (c les oiseaux; un oiseau les mammifères; un « monstre pourra se répéter; il pourra présenter i< deux têtes, deux queues, six ou huit extrémités, <( mais toujours il restera étroitement circonscrit « dans les limites de sa classe ^ Cet étonnant phé- « nomène est sans doute lié à l'harmonie générale « de la Création. Quelle peut en être la cause ^? ff Nous l'ignorons, et vraisemblablement nous l'i-
' Il résulte de là que tout n'est pas primitivement dans les matériaux, mais qu'évidemment il faut concevoir un principe en deliors d'eux, (jui en détermine l'emploi et (lui préside à leur disposition. Il en résulte encore qu'un type supérieur, une forme plus élevée n'est pas une simple combinaison de formes ou de types inféiieuis; que, bien qu'il implique ceux-ci, ce ne sont pas eux qui l'engendrent par leur union, mais qu'il préexiste à cette union et Topère par son efficace selon ses lois propres.
* La cause, selon nous, est qu'à chaque classe d'êtres, chaque genre , cha(iue espèce véritable , correspond un principe spécifique de formation, préexistant au développement et qui le détermine.
« gnorerons toujours ; c'est un des mystères de la (( Création, dont l'homme mesure la surface, mais « dont Dieu seul sonde et connoît la profondeur *. » Après avoir soumis à un curieux et savant examen les modifications qu'éprouvent les espèces animales réduites à l'état de domesticité, M. Isidore Geoffroy- Saint-Hilaire ajoute : u La restitution d'une race (c aux habitudes de la vie sauvage a constamment (( pour effet la disparition graduelle de toutes ces (c différences de coloration, de taille, de formes, (c dont le nombre, parmi les animaux domestiques, (c est aussi grand que celui des causes de variation. (( Tous les individus finissent par se trouver établis w sur un seul et même type , très-rapproché du (C type sauvage primitif % et qui en diffère d'au- (( tant moins que l'espèce a été replacée plus exacte tement dans les conditions de sa vie primitive. (C Toutefois, de même que dans le passage de l'état (C sauvage à la vie domestique;, des variétés remar- (( quables ne se produisent qu'après plusieurs gé- « nérations, de même aussi, lors du retour à l'état (C sauvage, c'est après un certain nombre de géné- (( rations seulement que Ton voit toutes les^variétés
1 Recherches d'anatomie transcendante sur les lois de l'organogénie appliquées à l'anatomie pathologique , par M. Serres , p. 85 et 86.
» Il y a donc un type primitif radicalement Inaltérable, puisqu'il reparoît toujours.