‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 153 sur 229 · LIVRE Xir— CHAPITRE IVe · texte numérisé non relu

LIVRE Xir— CHAPITRE IVe

« effacées et des caractères fixes et unitaires repro- « duits chez tous les individus. La déviation, du (( type primitif et sa restitution s'accomplissent ainsi « à peu près dans le même espace de temps et par (( une série de changements dont l'ordre est directe tement inverse, les caractères les plus accessoires « et les plus variables , ceux de la couleur par c( exemple , étant les derniers à redevenir fixes , i( comme ils avoient été les premiers à cesser de (( l'être lors de la domestication \ ))

La diversité essentielle des types, des formes, des natures, tous mots synonymes, et leur inaltérabilité, semblent donc établies inébranlablement , sur une double série de preuves concordantes, de preuves rationnelles et de preuves de fait, qui, se fortifiant mutuelle Qient, aboutissent, par des voies différentes, à une même conclusion. Tel est le vrai fondement de la variété dans le monde physique, qui ne seroit sans cela qu'un assemblage à jamais identique, à jamais stérile de molécules similaires. Mais ces molécules elles-mêmes ne pouvant être à moins d'être déterminées, leur détermination, quelle qu elle fût, constitueroit encore une forme, un type inaltérable, le seul possible si la substance n'en contenoit pas essentiellement d'autres également immuables, éga-

' Essais de zoologie générale, par M. Isidore Geoffroy -Saint- Hilaire, p. 303 et 301.

lement nécessaires : car d*imaginer que les types postérieurement réalisés au sein de l'Univers primitif, pussent être le produit contingent des milieux où ils se développeroient, ce seroit supporter des milieux divers, ce seroit supposer la variété dont on recherche l'origine, et résoudre la question par la question même.

Toute espèce, c'est-à-dire toute forme constitutive d'un être distinct des autres êtres, existe donc, quant à son essence, dans le principe éternel de forme qui détermine l'Etre infini ; le principe infini de forme ou de détermination contenant nécessairement toutes les formes ou toutes les déterminations possibles. Or, que dans l'évolution de TUnivers, une de ces formes soit réalisée sous les conditions de l'Univers même ou les conditions de l'étendue, elle demeure constamment ce qu'elle est par son essence, car les essences ne sauroient changer, elles sont ce qu'elles sont, ou elles ne sont pas. Les formes constitutives des espèces ou les espèces ellesmêmes sont donc radicalement immuables. Mais il existe entre elles un ordre immuable aussi de relations nécessaires, qui, les enchaînant l'une à l'autre dans le monde physique, comme elles s'enchaînent éternellement dans la forme infinie, les ramènent toutes à l'unité fondamentale de la Création : et c'est de ce point de vue aussi élevé qu'il est capital, qu'on

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