‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 156 sur 229 · TOME lY · texte numérisé non relu

TOME lY

K Dans chaque plante, la force plastique se ma- « nifeste d'une manière spéciale, conforme à Tes- « pèce dont cette plante fait partie, et elle déteri( mine, sous le rapport du temps, de la forme et « de la composition chimique, les phénomènes de (( formation qui se rattachent au développement et i( à l'accroissement des diverses parties, lesquels ce phénomènes ne peuvent être changés dans leur i( essence par la somme ni par la nature des excita tations, mais sont seulement modifiables par cette c( cause à un foible degré et dans des limites déter- <c minées \

(( Les premières manifestations d'activité qui,

i< sous rinfluence d'agents extérieurs, ont lieu dans

« les germes fécondés des animaux et des végétaux,

ce sont celles de la formation. Elles sont accompa-

ce gnées de mouvements intérieurs, mais lents, de

ce la matière organique des germes, et on ne sauroit

ce les concevoir sans cela. Cependant la formation

c< ne consiste pas uniquement en des mouvements,

ce car elle coïncide avec des changements dans la

secousses électriques violentes détruisent, dans le corps organisé, l'équilibre de la force productrice des mouvements organiques normaux, une chaleur ou un froid excessif, relativement à sa nature, y détruisent l'équilibre de la vie, les poisons y détruisent l'harmonie des éléments de la forme , d'où, en chacun de ces cas, la destruction de l'être,

' TiedcmaoR; p> 646.

LIVRÉ Xlie. — CHAPITRE V*. SÔ7

« composition chimique des matières organiques, « qui ne sont point explicables par des mouvements t( seuls. Les mouvements qui accompagnent la ce formation, quoique occasionnés par des influences K excitantes, ne sont pourtant point communiqués 4L aux germes par elles. Loin de là, ils sont opérés (( et réglés par une force inhérente à ces mêmes « germes, force de laquelle dépendent et le mode f( particulier de la formation et les mouvements qui « j sont associés. La formation et les mouvements (( qui l'accompagnent s'exécutent d'une manière (( spéciale dans le germe de chaque espèce végétale u et animale, de sorte que les parties qui les forment, * et qui apparoissent dans un ordre déterminé, à 'f des époques fixes, ressemblent pour la forme, la (( composition chimique, l'organisation et les pro- K priétés vitales, aux organismes qui ont appelé i( les germes à l'existence *-

« Les premiers mouvements de cette sorte ont (( lieu avant la formation du sang, des vaisseaux « sanguins, du cœur, des muscles et des nerfs, et u ne peuvent par conséquent être des effets de tous u ces organes. Loin de là, nous devons bien plutôt u considérer ceux-ci comme étant les produits des u mouvements de formation- Une fois formés, ils w contribuent pour leur part au développement ul-

< Tiedemann, p. 761.

508 ne PARTIE. — DE L'H05ÎME.

« teneur du germe, en vertu des facultés vitales (( qui leur ont été données par l'activité plastique. (( Chaque tissu, chaque organe, chaque appareil « d'un corps animal a sa manière propre de « naître, et se développe dans des directions dé- (( terminées, ce qui suppose des mouvements dans (( les molécules en travail de formation. Ces mouce vements ne sont pas communiqués du dece hors à la matière organique du germe, .qui « doit les accomplir d'elle-même et par une acticc vite spontanée . »

Pour comprendre la formation des êtres organisés, il faut donc d'abord avoir une idée nette du germe, de ce quelque chose de primitif auquel est inhérent ce que Tiedemann appelle la force plastique, qui préside à révolution et dirige les mouvements par lesquels elle s'opère. Dans l'ordre et le langage ordinaire, on nomme germe le produit vivant de la génération, ou l'être organique même, avant que le travail interne en ait physiquement réalisé les parties distinctes. Défmie de la sorte, l'idée de germe, sans s'occuper même des difficultés qu'offriroient les générations spontanées, ne suffit pas, à beaucoup près, pour résoudre le problème de la formation des êtres. Le germe d'oiA sortit originairement le premier individu de chaque espèce, ne peut être le pro- * Tiedemann, p. 629.

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