‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 157 sur 229 · LIVRE XI l«. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE XI l«. — CHAPITRE V

duit d'un individu semblable; ainsi, nécessairement, il existoit dans le sein de la nature avant la réalisation de F être qu'il contenoit virtuellement. Et puisque c'est lui qui détermine , spécifie l'être qui n'en est que le développement, on est forcé de le concevoir sous la notion de forme, et conséquemment de concevoir toutes les formes correspondantes à la série des êtres qui ont successivement apparu et peuvent encore apparoître dans l'Univers, comme préexistantes à l'évolution de ces mêmes êtres.

Mais, avant qu'aucun être particulier eût été produit, il n'existoit que l'éther et ses énergies essentielles, identiques aux fluides primordiaux appelés lumière, électricité, calorique. L'un de ces fluides doit donc représenter ces formes, ces germes qui progressivement ont donné naissance à la variété indéfinie des êtres, les renfermer en soi, doit être ces formes mêmes à leur premier état ou virtuellement contenues dans le principe universel de forme. Or, sans répéter ce que nous avons précédemment dit à ce sujet, supposons que la lumière soit ce fluide de la forme, et voyons, en remontant à l'origine des choses, s'il sera possible de nous rendre compte de l'organisation et de ses lois.

Qu'une forme, un germe, le plus simple que, par hypothèse, on puisse imaginer, n'implique pour se développer que la pure substance ou l'éther pur, il

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s'y développera, en effet, naturellement» nécessairement, comme tout germe se développe dans le milieu qui lui est approprié. Voilà les premiers corps, les premiers gaz distincts de Téther, la production première opérée en lui par l'action combinée des énergies qui lui sont inhérentes , production d'où résulte un nouveau milieu.

Qu'une autre forme, un autre germe implique ces premiers gaz comme ses éléments nécessaires, cette forme, ce germe se développera dans le second milieu, comme les premiers gaz se sont développés dans l'éther pur.

Suivez ce mouvement d'évolution qui, dans l'enchaînement des êtres produits , dépend des lois essentielles de la forme, vous verrez apparoître le inonde inorganique tout entier. Chacun des êtres dont il se compose y existe distinct, immuable en soi; et, sous Tempire des lois générales qui les unissent dans la commune solidarité d'unités de plus en plus complexes, le tout s'est développé comme un seul être, ainsi que se développe, chez les êtres organisés, le germe de l'individu dans les limites de son espèce.

Ceux-ci se développent à leur tour, sitôt qu'existe^ le milieu indispensable pour leur développement, milieu qui n'est autre que l'ensemble des productions précédentes. Les causes et les lois universelles

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