‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 158 sur 229 · LIVRE XII'. -- CHAPITRE V*. 31i · texte numérisé non relu

LIVRE XII'. -- CHAPITRE V*. 31i

restant les mêmes, ce nouveau progrès en modifie les manifestations. L'évolution de formes plus élevées engendre des phénomènes d'un ordre plus élevé aussi. Le mode d'être change, et ce changement qui correspond à la Création animée, en révélant l'inépuisable fécondité de la Nature, révèle en même temps sa tendance à reproduire, par la croissante variété des formes qui s'impliquent l'une Tautre, l'unité de la forme infinie.

On a vu que le corps inorganique n'est qu'un simple assemblage de molécules homogènes radicalement indépendantes, que, dès-lors, si loin qu'on en pousse la désagrégation, jamais on n'arrive à le saisir dans son individualité, qui se réduit à la forme commune à toutes les molécules, au germe indivisible. Car, en effet, ce qui est divisible, ce n'est pas le corps essentiel, c'est la masse, résultat de la forme une multipliée numériquement sous les conditions de l'étendue.

Concevons donc le corps tout entier dans une de ses molécules supposée simple, ou abstraction faite de ce qui la rend multiple ou divisible : tant que les circonstances extérieures qui ont déterminé sa réalisation dans le monde physique subsistent, elle subsiste elle-même, le corps subsiste complet, dans le même état invariable, par l'effet continué des causes qui l'ont produit, sans qu'il puisse rien perdre,

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rien acquérir, susceptible seulement de se combiner avec d'autres corps, ou de devenir un des éléments d*une forme supérieure qui Tabsorbe, se l'assimile, en le soumettant à son action propre.

Mais, dans le progrès universel, il vient un moment oiî les combinaisons que nécessite le développement de formes plus complexes, s'opèrent selon des lois également plus complexes. Au lieu de combinaisons immédiates entre des formes primitives, ce sont les produits mêmes de ces combinaisons qui se combinent; d'où résultent, selon la variété de ces combinaisons complexes, de nouveaux produits divers entre eux, et, sans se confondre, intimement unis dans la forme principale, dépendants les uns des autres, exerçant les uns sur les autres une mutuelle action, réglée par les lois de Têtre qui les implique dans son unité. Etendez graduellement ces combinaisons, multipliez-en les produits divers, parties intégrantes d'un tout unique, vous verrez naître successivement les tissus, les organes, les appareils , l'ensemble merveilleux des organisations les plus compliquées.

Ainsi, le caractère général et fondamental de Torganisation consiste, d'une part, dans la diversité des parties dont se compose l'être organisé, chacune de ces parties étant d'ailleurs moléculairement homogène; et, d'une autre part, dans la solidarité de ces

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