‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 159 sur 229 · LIVRE XU®. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE XU®. — CHAPITRE V

mêmes parties, d'où résulte, dansFunité typique de l'espèce , l'unité physique de l'individu. Le mot même d'organisation ne signifie rien autre chose que les relations réciproques qui ordonnent entr'elles les parties diverses de l'être un ; et c'est ici que commencent la science appelée physiologie et les sciences connexes ; la chimie organique ayant pour objet, non l'être vivant et ses phénomènes propres, mais ce qui reste de lui après qu'il a cessé de vivre, ses éléments isolés et morts, dont elle étudie la composition et les affinités respectives, exactement au même point de vue qu'elle étudie les affinités et la composition des corps originairement inorganiques.

L'existence sohdaire des parties dissemblables de l'être organisé, implique une action réciproque de ces parties les unes sur les autres, action déterminée par la nature de chacune d'elles, et réglée par les lois de la forme constitutive de l'être complet qui les ramène à son unité.

Cette forme constitutive de l'être, qui le détermine à être ce qu'il est, sans laquelle dès-lors il ne seroit en aucune manière, est le principe de sa formation, comme le mot même Findique, la cause directrice des mouvements par lesquels s'opère son évolution. Elle préexiste au développement des parties diverses, des formes inférieures qu'elle contient

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en soi, qu'elle ordonne entre elles, dont elle est le germe fécond et le lien nécessaire.

L'action réciproque qu'implique l'existence solidaire des parties dissemblables de l'être, est par là même une condition de Texistence de l'être luimême, et comme chacune de ces parties diverses a une action diverse, chacune des parties coopère, selon sa nature spéciale, à l'existence du tout. De là ridée de fonction, d'oià celle d'organe; car l'organe n*est que l'instrument de la fonction.

Mais exister c'est continuer d'être, continuer d'être c'est se conserver. A raison de leur homogénéité qui les rend indéfiniment divisibles sans que leur essence en soit altérée, les corps inorganiques, indépendants de la masse, simple assemblage de molécules similaires, se conservent ou continuent d'être par cela seul qu'ils sont, tant que des causes extérieures n'agissent pas sur eux pour les décomposer, ou pour les absorber dans des combinaisons nouvelles. Ne pouvant rien perdre, rien acquérir, quant à ce qui fait d'eux tel être déterminé, leur conservation ne dépend d'aucun travail interne : elle n'est que la persistance passive dans un même état.

Il n'en est pas ainsi des corps organisés. De même qu'ils ont dû, pour se former, emprunter aux milieux où ils sont plongés les éléments de leur masse^

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