LIVRE Xïie. — CHAPITRE V«. 31S
les modifier par leur énergie intime, se les assimiler, se les rendre propres, ils doivent, pour se conserver, continuer le même travail; car, perdant sans cesse, il faut que ces pertes soient réparées sans cesse.
L'activité qui est de leur essence , puisqu'on ne les conçoit existants que par Faction qu'exercent les unes sur les autres leurs parties diverses, produit en eux de perpétuels changements. Ces mêmes parties, soumises à l'influence du monde extérieur, réagissent sur lui ; autre cause de changements.
Un corps organisé peut donc , à cet égard , être considéré comme un système de mouvements harmoniques déterminés dans leurs directions par la forme complexe constitutive de Tctre.
Mais point de mouvement sans force, point de force qui ne s'épuise par l'emploi; d'où la nécessité qu'elle soit constamment renouvelée.
Le principe qui l'unit à la forme dans chaque être, ou le principe de vie, lequel, dans l'ordre physique , se manifeste par la chaleur, le calorique enfin, s'épuisant également en proportion de la dépense de force, et à raison de sa tendance à s'équilibrer avec le calorique des milieux contigus, doit être aussi constamment renouvelé.
Les tissus, les organes, en un mot, les parties
étendues liquides et solides dont se compose l'être, et qui en représentent extérieurement la forme intime, usées par leur propre action et par l'action des causes externes, expulsées de l'organisme lorsque les changements continuels qu'elles subissent les lui ont rendues étrangères, et par là même nuisibles, doivent être aussi constamment renouvelées.
L'ensemble de ces réparations perpétuellement indispensables pour que l'être se conserve, s'appelle nutrition ; et comme on le voit, la nutrition implique, à l'égard de chaque être, un certain milieu déterminé par sa nature, dans lequel il puise les éléments réparateurs nécessaires à sa conservation, dépendante en ce point des mêmes lois que sa formation.
Mais autre est la force, autre la forme, autre la vie, autres aussi dès-lors les conditions organiques de chacune d'elles. De là trois appareils respectivement relatifs à ces trois principes , qui tous concourent à la nutrition par laquelle chacun se renouvelle.
Cependant, comme la force, la forme, la vie se supposent l'une l'autre, se pénètrent Tune l'autre , sans se confondre, inséparablement unies dans l'être qui ne subsiste que par leur union, les appareils appropriés à chacune d'elles se supposent également