LIVRE Xe. — CHAPITRE II
vient le théâtre de phénomènes spéciaux d'une importance majeure dans l'économie générale du globe. L'action des fluides primitifs qui le pénètrent, celle des gaz dont l'enveloppe solide contrarie la hbre expansion, agitent ces masses, les soulèvent, les brisent, modifient de mille manières les positions respectives qu elles durent prendre originairement. Ramenées, en partie, par le calorique à Tétat de vapeur, ou dissoutes par les eaux, leurs éléments constitutifs, établis entre eux et avec les gaz émanés du foyer intérieur, en un genre de contact intime, produisent, en se combinant, de nouveaux agrégats plus complexes, au sein desquels l'électricité, la lumière, la chaleur, engendrent des mouvements moléculaires d'oii résultent des changements nombreux dans l'arrangement primordial de ces mêmes éléments, et des combinaisons nouvelles.
A ce développement correspond un développement semblable de la physique qui a pour objet les phénomènes généraux des corps. La chimie, qui descend dans les profondeurs de ces corps pour y découvrir les propriétés qui les caractérisent, en étudier la constitution interne, les affinités distinctives, naît avec eux, pour ainsi parler , complément naturel et nécessaire de la physique à laquelle elle demeure unie par un indissoluble lien. De ces deux
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sciences fondamentales sortent les sciences secondaires, que le progrès de la Création multipliera indéfiniment; la météorologie ou la science des phénomènes atmosphériques; la cristallographie, qui décrit la structure des corps, les rapproche, les distingue, les classe, d'après les formes constantes et géométriques qu'ils affectent.
En même temps se posent les fondements de la géologie, qui, reHant les faits recueillis par l'observation et les ordonnant, en quelque façon, au sein de la durée et de l'espace, constate l'ordre successif des diverses formations, les rapports maintes fois intervertis de leurs grouppemcnts, et, en s'aidant du secours de la physique et de la chimie, en recherche les causes et s'efforce d'en déterminer les lois.
Cet accroissement ininterrompu des richesses minérales, cette régulière et merveilleuse évolution d'un monde, offre déjà, sans doute, un des plus grands spectacles que puisse contempler la pensée humaine. Quelle variété de phénomènes! et, dans cette variété, quel enchaînement et quelle harmonie! Les puissances qui animent la masse entière du globe naissant, en font un vaste laboratoire où se prépare et s'accomplit, suivant des lois aussi simples que fécondes, l'enfantement de tout ce qui doi être. Quelquefois, on croiroit que la Nature va détruire elle-même son ouvrage. Les forces souter-