‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 162 sur 229 · LIVRE Xlie. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE Xlie. — CHAPITRE V

une certaine période qui détermine celle de la durée des individus suivant leur espèce. Au premier instant de sa formation observable, l'être organisé n'est qu'une goulelette liquide enveloppée d'une membrane. Dans ce liquide aliment du germe qu'il contient, se produisent les tissus solides, par l'effet même du développement de l'être, de sorte qu'à cet égard, le travail qui s'opère en lui a pour terme la transformation des liquides en solides. Ce travail primitif, en vertu duquel les êtres vivants se développent, se réparent, se conservent, subsistant sans interruption, il s'ensuit que les parties solides de Forganisme, changeant peu à peu d'état, devenant plus compactes, plus rigides, deviennent aussi moins propres à remplir leurs fonctions, d'oii une cause interne de dépérissement, et enfin, lorsque les actions fonctionnelles s'arrêtent, la destruction de l'individu, ou le phénomène qu'on appelle la mort.

Les mêmes lois président au développement successif des organes divers, qui, dans leur ordre de formation, marquent le passage d'une classe inférieure à une classe supérieure, de sorte que, jusqu'au degré qu'il occupe dans la chaîne des êtres, chaque individu représente, par les phases progressives de son évolution, l'évolution de la Création .entière-

En se développant, l'être organique augmente de

masse, c'est-à-dire acquiert plus qu'il ne perd, car le développement n'est qu'une formation continuée. Du reste, le mode de développement et le mode de conservation sont rigoureusement identiques. Lorsque le développement a atteint sa limite déterminée par la nature de Têtre, l'être bientôt commence à décheoir, le cercle de sa vie tend à se fermer. Elle se divise en deux périodes, Tun d'accroissement, l'autre de déclin, que sépare quelquefois, spécialement dans les plus élevés, un état stationnaire, pendant lequel l'être organisé jouit de la plénitude de ses énergies : et encore cet état n'est-il stationnaire qu'en apparence, car bien que l'accroissement de volume ait cessé, certains organes se perfectionnant deviennent plus aptes à remplir leurs fonctions, et particulièrement, dans le règne animal, les organes cérébraux, comme cela se voit clairement chez l'homme, et même aussi en divers animaux.

Dans l'économie générale des êtres organisés, la période ascendante a pour terme la reproduction, de laquelle dépend la perpétuité des espèces. En ce qui touche le pur organisme, l'individu a complètement accompli sa destination, lorsqu'il a reproduit un ou plusieurs individus semblables à lui. Se reproduire est donc une des plus importantes fonctions de l'être, et la plus importante à l'égard de l'espèce qui ne se conserve et ne se propage qu'au moyen

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