LIVRE Xlie. — CHAPITRE Ve
de la génération ou de l'ensemble des actes correspondants à cette fonction.
Long temps on a regardé les lois de la génération comme d'un ordre à part et profondément mystérieux, quoique l'obscurité qu'elles peuvent offrir ne soit autre que celle qui recouvre pour nous l'action des cau^s dans tous les genres de phénomènes, et qui tient à ce que, toutes les causes se résumant dans les trois énergies essentielles et universelles, inbérentes à la substance infmie et infinies ellesmêmes dès-lors, pour les concevoir parfaitement et en soi et dans leur action, il faudroit concevoir l'infini; car, du reste, nous concevons aussi clairement que possible et leur nécessité et le rapport qui les lie respectivement à leurs effets. Etant donné le mouvement qui ne conçoit la nécessité de la force et le rapport qui subsiste entre eux, bien que la force dont notre esprit a si naturellement l'idée et une idée si claire, demeure cependant mystérieuse pour lui par le fonds de son essence; et la raison en est que notre conception ne saisit son objet que par la relation de la cause à l'effet mutuellement connus l'une par Tautre, relation qui n^existe pas pour ce qui est à soi-même sa cause.
Les progrès de l'observation tendent aujourd'hui de plus en plus à constater l'identité des lois de la reproduction des êtres et de celles de leur dévelop-
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pement, fait capital qui ressort nettement de l'étude de chaque ordre d'êtres en particulier et de la comparaison des différents règnes, comme nous croyons lavoir montré en traitant de Thomme organique K C'est pourquoi, renvoyant à ce que nous avons dit à ce sujet, nous nous bornerons ici à présenter sur ce qui touche la génération, quelques considérations générales.
En remontant la série dont les individus d'une même espèce représentent les termes successifs, on arrive à un premier terme ou à un premier individu à la formation duquel n'ont point concouru d'autres individus semblables. Comment conçoit-on qu'il se soit formé? par l'action de quelles causes? Tel est d'abord le problème à résoudre.
Or, suivant les idées exposées dans le cours de cet ouvrage et que les faits paroissent justifier, la formation d'un être quelconque implique :
1* Une forme primitive ou un germe qui le contienne virtuellement, qui soit l'être même dans ce qui le détermine ou le spécifie essentiellement, avant qu'il ait été réalisé dans le monde physique ;
2^ La réalisation antérieure des éléments constitutifs de cette forme supposée complexe;
3° Un principe d'activité, une force qui la déve-
' U' part., liv. II, chap. III.