LIVRE XII®.— CHAPITRE V
loppe ou Tengendre au sein des milieux où elle puise l'aliment nécessaire à son développement ;
4° Que cette force lui soit intimement unie, d'où la nécessité d'un principe spécial qui opère cette union, laquelle est proprement la vie.
Sitôt qu'existent ces conditions , l'évolution de l'être commence , c'est-à-dire que la force ou la puissance génératrice, par son activité dont le mouvement est l'effet, produit l'expansion de la substance *.
La forme, à laquelle l'unit le principe de vie, détermine la direction des mouvements, et s'assimile par son action propre les formes élémentaires qu'elle implique et que renferment les milieux avec lesquels elle est en rapport.
Tel est le phénomène de la génération dans sa plus grande généralité et dans son origine première.
Ultérieurement elle se modifie, beaucoup moins toutefois en réalité qu'en apparence ; car si, d'une part, dépendante des lois du développement de l'être, elle n'est que le terme de ce développement, d'une autre part, le développement dépendant des lois de la génération, n'est que la génération même continue.
Pour bien entendre comment ce qu'on appelle génération et ce qu'on appelle développement ne
' Cf.,r»part.,Hv. III,chap. IV.
sont que deux faces du même fait, il faut se souvenir qu'en vertu de l'essence nécessaire des choses, l'existence du monde matériel n'est possible que par la reproduction indéfinie de chaque forme invariable, numériquement multipliée au moyen de la limite ; de sorte que l'espèce demeurant une et indivisible comme la forme qui la constitue, elle subsiste matériellement ou sous les conditions de l'étendue dans les individus multiples.
Qu'est-ce, en effet, qu'un corps inorganique homogène ? Un assemblage de molécules semblables en tout, réalisations multiples d'une même forme. Réduisez ce corps à Tune de ses molécules, concevez cette molécule réduite elle-même à la forme une et indivisible ; le corps n^est plus, il a cessé d'exister matériellement. Et comme, à cet égard, ce qui est vrai d'un corps est vrai de tous, il est clair que l'existence de TUnivers physique est rigoureusement liée à ce mode d'existence de la forme, ou à sa multiplication numérique indéfinie, rendue possible par la limite, qui, sans la diviser, sans l'altérer dans son essence, la circonscrit matériellement.
Il est clair encore que l'existence des êtres organisés implique celle des êtres inorganiques, que rien ne seroit dès-lors si ceux-ci n'étoient pas. Mais, de plus, les êtres organisés subsistent eux-mêmes sous le même mode de multiplicité individuelle, ou