LIVRE Xll«. — CHAPITRE Ve
dérobe à robservation, ce qui se passe invisiblement dans les générations élémentaires, devient apparent chez les êtres dont la complexité détermine ce mode de génération, où l'action propre de chaque énergie se reconnoît distinctement par la séparation des appareils sexuels, soit que le même individu les possède tous deux, soient qu'ils soient partagés entre deux individus, et ce partage a lieu pour tous les animaux des classes supérieures. Sur quoi il convient d^ observer que, durant une certaine période de leur croissance, rien n'annonce en eux la division des sexes ; Torgane embryonaire semble pouvoir indifféremment appartenir à l'un et à l'autre. Il se caractérise à mesure que s'effectue le progrès de l'organisme. Antérieurement, l'être inachevé est passagèrement dans les conditions des êtres inférieurs. Lorsque son évolution plus avancée Ta mis, pour ainsi dire, en possession de sa nature cornplette, l'a fixé dans l'état qui suit la période de pure formation, alors se déterminent les moyens du développement total et de la reproduction qui en est le terme. Or, étant donné, chez les animaux supérieurs, Forgane embryonaire de la génération, il seroit impossible, dans le plan de leur structure, que chaque individu réunit en soi la double forme que cet organe doit revêtir; et, dès-lors, la reproduction impliquant deux organes divers pour une
même fonction générale, chacun de ces organes doit appartenir à un individu différent. Que ce soit, au reste, pour l'être ainsi sexuellement divisé, la source d'une perfection plus grande, cela se voit clairement, puisque, dans cette division même, se découvrent de proche en proche les origines premières de la famille et de la société.
Physiologiquemenl, la femelle, dans le fait de génération, donne la ferme, le mâle, la force qui la dé- Teloppe, mais sous des conditions dépendantes de la forme du mâle même, comme le démontrent les produits hybrides. La vie qui les unit n'a point d'organe propre, parce qu'elle émane simultanément du mâle' et de la femelle, que rapproche une mutuelle attraction^ De là, le développement de chaleur qui, même dans les plantes, se manifeste pendant l'acte de la génération, et par une sorte de prolongement du même phénomène dans une sphère plus haute, Pamour et ses feux, et son attrait, et cette tendance à Tunion, qui n'est elle-même que la manifestation la plus universelle de la vie.
Le point central où, chez la femelle, s'opère, en ce qui touche sa fonction propre, le travail de la reproduction, est l'ovaire; chez le mâle le testicule. Dans 1 ovaire s'organisent, en passant par divers états probablement correspondants aux lois des générations inférieures, les corps appelés ovules;