LIVRE XII®. — CHAPITRE VI
dont il n'est que la réalisation matérielle, forme modifiable seulement en des limites plus ou moins étroites par Faction des milieux, sans que jamais ces modifications atteignent l'essence du type, son caractère spécifiquement distinctif ; autrement la destruction du type entrain eroit celle de l'être dont les lois seroient violées radicalement.
Il résulte de là que les causes finales, bien loin d'être une vaine fiction de l'esprit, sont très-réelles en ce sens qu'il existe, dans la formation et le développement des êtres, un rapport primitif entre ce développement et la nature propre de chaque être, sa forme intime, son type essentiel, dont l'efficace interne détermine la structure et la disposition des organes que cette nature implique; et qu'en se résolvant à créer, l'Être infini s'étant proposé une fin générale qui enveloppe toutes les fins particulières, il n'en est aucune qui n'ait été prévue et voulue de lui, avec l'ensemble des moyens par lesquels elle se réalise. Mais il est vrai aussi qu'assujéti à ses propres lois, à l'intrinsèque nécessité qui ordonne dans sa forme une et infinie toutes les formes finies possibles, celles-ci ne peuvent être réalisées que selon cet ordre nécessaire; que toutes sont liées par des rapports également nécessaires ; que chacune d'elles, par son efficace, détermine non moins nécessairement l'invariable succession des phénomènes que
présente la formation et le développement de l'être qui lui correspond, qui n'est que cette forme même réalisée sous les conditions du fini ou les conditions de la matière; que Dieu ne crée, ne peut créer que par le concours de ces causes secondes, immédiates, qui ne sont que le mode d'action de la Cause première hors de l'Ltre absolu, ses spécifications relatives aux effets particuliers qu'implique Tensemble de son œuvre; qu'ainsi aucune création partielle ou séparée des autres créations ne seroit possible, et, conséquemment, que si, dans l'Univers, il n'est rien qui n'ait sa cause finale et n'en dépende, sans quoi rUnivers lui-même, produit d'une cause aveugle, inintelligible, contradictoire, n'auroit aucune fin, aucune raison dès-lors; il n'est rien non plus qui ne soit soumis, en ce qui touche sa production €t les moyens de sa production, à une immuable nécessité, qui n'est que la nécessité de Dieu même, de son essence et de ses lois.
Considérées philosophiquement, celles de l'organisation se réduisent dans ce qu'elles ont de plus général, aux lois que l'on vient d'exposer. On en verra la confirmation dans ce qui nous reste à dire, en traitant, d'une manière générale aussi, des deux grandes classes où viennent se ranger tous les êtres organisés; et à ce sujet, il se présentera quelques questions nouvelles trop intimement liées à la phi-