‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 181 sur 229 · TOME lY · texte numérisé non relu

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Cependant, à cet état, ranimai conserve nn autre genre de motililé, des organes extensifs et rétractiles, une évidente sensibilité. Au-delà encore, dénué de tout organe "appréciable, il n'est plus, avec de légère différences qui, à l'œil du moins, n'affectent guère que ses dimensions^ qu'une espèce de poche absorbante, une membrane dans laquelle l'organisation ne se révèle que par un signe unique, la faculté d'assimilation.

A ce degré de simplicité, l'animal et le végétal n'offrent plus rien d'apparent qui les distingue, si ce n'est, dans l'animal, quelques foibles indices de spontanéité, dernier caractère au moyen duquel on puisse opérer leur classification distinctive.

Encore, dans la comparaison des individus des deux règnes, faut-il bien se garder de confondre les mouvements vraiment spontanés et les mouvements automatiques. Nous appelons automatiques les mouvements qui, chez les animaux, même les plus élevés, s'accomplissent sans que la volonté y ait part ni que Têtre en ait la conscience, en un mot, ceux qui n'ont de rapport qu'aux phénomènes internes de la nutrition. Et le végétal n'est, en effet, qu'un appareil de nutrition ou d élaboration de certains produits dont les éléments appartiennent à la nature inorganique, produits destinés eux-mêmes à devenir les matériaux d'une nouvelle élaboration de

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laquelle dépend l'existence d'une autre classe d'êtres. Le végétal n'est donc qu'un système nutritif, caractérisé comme tel par le genre des produits qu'il élabore. L'animal est aussi un système nutritif, mais en général inverse, quant au genre des produits élaborés ; à un point de vue purement chimique, il réduit ce que le premier combine. L'animal toutefois n'est pas seulement un système nutritif, et c'est en ceci que consiste la différence radicale des deux règnes. Au plus bas degré du règne animal, alors même que l'organisation présente une complication moindre de beaucoup que celle qu'on observe chez les végétaux supérieurs, un principe nouveau apparoît, la réelle spontanéité, obscure sans doute à son origine, mais dont le développement, à mesure qu'a lieu l'évolution des formes animées, l'accompagne constamment, se caractérisant de plus en plus dans l'innombrable variété des phénomènes d action, de sensibilité et d'instinct.

Il est un moment dans la vie de la plante où, à certains égards, elle se rapproche de l'animalité ; et ce moment est celui où le développement, que la nutrition opère incessamment, s'accomplit dans son terme final, la reproduction. Alors, pourvue de nouveaux organes qui la complettent selon sa nature, elle touche, en quelque sorte, à l'animal, mais seulement quant à quelques-unes des fonctions propre

de celui-ci : elle respire comme lui en brûlant du carbone, comme lui elle produit de la chaleur. Mais, qu'on le remarque bien, cette ressemblance, d'ailleurs passagère, ne s'étend pas au-delà des phénomènes de simple nutrition ^ ; car les mouvements, très-singuliers en plusieurs végétaux, qui accompagnent la fécondation, ne sont encore que des mouvements automatiques.

Mais les mouvements automatiques doivent avoir dans les plantes comme les mouvements spontanés dans les animaux, une cause générale physique, qui se spécialise en chacune d'elles, quant aux directions du mouvement, par l'action propre de la forme qui la constitue essentiellement et distinctivement ce qu'elle est. Or « tous les organes de la (c plante, sans exception, commencent par être (c formés d'une matière azotée analogue à la fibrine, i( à laquelle viennent s'associer plus tard le tissu « cellulaire, le tissu ligneux, le tissu amylacé lui- (( même. Cette matière azotée, véritable origine de (( toutes les parties de la plante, ne se détruit « jamais ; on la retrouve toujours, quelque abon-

1 On n'a pas oublié que la nulrltion et la génération ne sont qu'une même chose. La nutrition opère le développement de lètre dans ses rapports avec l'individu; la génération le même développement dans ses rapports avec l'espèce : elles dépendent des mêmes causes agissant selon les mêmes lois.

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