‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 184 sur 229 · LIVRE XII*. — CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

LIVRE XII*. — CHAPITRE Vil

anime de sa \ie, et qu'elle unit entr'elles, en les soumettant à ses lois qui les ordonnent dans le tout. Mais ce tout varie ; il varie en ce qui touche la configuration extérieure, la structure interne, l'organisation, enfin, et les produits de l'organisation ; il varie par des différences profondes , radicales , dont le mode et les phases de la croissance, la durée de la vie, les relations du végétal avec le sol, le climat, la lumière, la chaleur, sont encore d'évidents indices. Quelque large qu'on veuille supposer le cercle des modifications que, par des influences extérieures, peut subir une même espèce, il y a donc de vraies espèces, espèces réellement distinctes, déterminées par des caractères permanents et indestructibles *. En parlant des animaux nous revien-

' Les difFérences.typiques qu'offre le règne végétal depuis son apparition sur noire globe, sont telles que la science n'est pas même certaine que tous les premiers végétaux puissent rentrer dans ses divisions les plus générales. Voici, au reste, comment ils se classent chronologiquement, selon M. Brongniart, à qui nous avons emprunté l'observation qui pi écède : « La plupart des plantes fossiles des ter- « rains tertiaires rentrent dans les genres actuellement existants, et « n'offrent que des différences spécifiques.

« Celles des terrains secondaires peuvent se rapporter, presque « toujours sans hésitation, à des familles connues, mais paroissent, « dans la plupart des cas, devoir y constKuer des genres nouveaux.

€ Enfin, dans les terrains plus anciens , dans le terrain houllier en « particulier, beaucoup de fossiles végétaux ne peuvent évidemment « pas se classer dans les familles actuellement vivantes, et doivent « former des groupes nouveaux d'une même importance.

« Mais au-dessus des familles sont les classes et les grandes divi- « sions du règne végétal, et on peut se demander si ces familles

drons sur ce point contesté encore, et qui, quelle que soit l'opinion à laquelle on s'arrête, est fondamental dans la science des êtres or^^anisés. Quant à nous, la question nous paroît péremptoirement décidée par un seul fait. Car les différences spécifiques constantes qu'offrent les végétaux , dépendent ou d'une cause interne, ou d'une cause externe, c'està-dire des milieux où ils se développent. Dans le premier, cas, la cause étant propre à l'être et en caractérisant l'essence, est ce que nous appelons la forme, ce qui le détermine à être spécifiquement ce qu'il est, et il existe de vraies espèces. Dans le second cas, il seroit impossible que des êtres distingués par des différences constantes, se produisissent simultanément dans les mêmes milieux, autrement il y auroit des effets sans cause. Que si l'on admet à la fois Faction des deux causes, on admet par là même l'action propre de la forme, et conséquemment l'existence d'espèces véritables, et alors les

c propres à la végétation primitive du globe, et différentes de celles « qui riiabitent maintenant, rentreroient cependant dans les giandes « divisions admises dans le règne végétal actuel, ou si quelques-unes « dentie elles se ra|>|>oiteroient à une nature toute spéciale, et, « pour ainsi dire, étrangère aux grands types de l'organisation végé- « taie vivante. Cette grande (juestion ne pourroit peut-être pas être « résolue d'une manière certaine dans l'état actuel de nos connais- « sances sur ces fossiles. »

Mémoire sur les relations du genre Noggerathia, ai^^c les plantes vivaces; parM. Ad()li)he Brongniai't, Comptes rendus de l'Jcadéniic^ l'a décembre 1845, p. 1392 ^^ 1393.

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