‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 185 sur 229 · LIVRE XII*.— CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

LIVRE XII*.— CHAPITRE Vil

variétés seules que peut présenter une même espèce immuable dans son essence, devront être attribuées à Taction des milieux, action certaine en cette limite, et dont Tétude occupe une place importante dans la science.

L'immutabilité des espèces, en excluant l'idée d'une transformation à laquelle on ne sauroit assigner aucune cause qui ne répugne à la raison et à l'expérience, n'exclut nullement les rapports de ressemblance qu'on observe entre les végétaux, et qui servent de base à leur classification en classes, familles et genres. Les formes des êtres, représentatives dans leur ensemble de la forme infinie essentiellement une, sont liées par des relations analogues à celles qui enchaînent les unes aux autres les formes géométriques ég lement immuables dans leur essence. Ici, comme jiartout, on retrouve la variété dans l'unité. Par cela même qu'ils forment un ordre distinct déterminé par des caractères propres, tous les végétaux ont des conditions communes d'existence. Appareils destinés à agir sur des milieux semblables, à les modifier d'une certaine manière radicalement semblable aussi, cette similitude générale de fonctions implique une similitude correspondante d'organes. Tel est le fonds uniforme dans lequel la variété se produit, suivant la loi universelle d'une complexité croissante, et la loi d'en-

chaînement des formes. S'il n'existoit qu\me forme générale, les innombrables produits divers qu'offre le règne entier n'existeroient pas, ni par conséquent les animaux dont chacun d'eux est Faliment indispensable. Mais des produits divers nécessitent des actions diverses, et conséquemment des différences dans les formes qui exercent ces actions. Ces différences, d'une autre part, affectant un appareil fondamentalement déterminé quant à certaines fonctions générales communes à tous les végétaux, ne sauroient présenter que de simples modifications de cet appareil, modifications relatives à celles qui, dans la fonction générale du règne, caractérisent les fonctions particulières de chaque espèce de végétal. De là les configurations si variées des plantes, les alternances régulières et irréguUères, les avorte • ments normaux, les différences intimes des tissus, lesquelles se manifestent irrécusablement par celles des produits élaborés avec les mêmes matériaux primitifs. De là encore les relations diverses des végétaux divers avec les milieux respectivement appropriés à chacun d'eux, avec les fluides primordiaux, les gaz atmosphériques, les sels que le sol renferme, et avec les climats; d'où la géographie botanique, ou cette partie de la science qui a pour objet de rechercher les lois de leur distribution sur la surface de notre planète.

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