LIVRE XII®.— CHAPITRE Vlie. 36S
En s'élevant des derniers degrés de l'organisation végétale à ce qu'elle offre de plus complexe, on ne rencontre jamais, comme nous l'avons dit, qu'un simple appareil nutritif, ou un appareil d'élaboration, lequel, par son action sur certains éléments inorganiques, donne naissance à des composés nouveaux dont l'étude forme une branche nouvelle aussi de la chimie. La production de ces composés n'a lieu, dans la nature, que sous l'influence de la vie, et les procédés de laboratoire, même les plus savants, ne suppléent à cette influence qu'en des cas si rares, et à Tégard de corps séparés par des différences si légères, qu'on peut, quant à la généralité de la loi, tenir pour insignifiants ces résultats artificiels.
Non-seulement les lois de la chimie organique diffèrent de celles de la chiuiie inorganique, mais encore, quel que soit le lien qui les unisse sous d'autres rapports, il existe entre elles une sorte d'antagonisme qui se reconnoît à ce que, dès que l'action des premières s'arrête, ou lorsque la vie cesse dans l'être organisé, soumis alors exclusivement aux lois chimiques des corps inanimés, ces lois se manifestent par une tendance à opérer la décomposition de tout ce qu'avoit produit l'orga- Bisation vivante.
Ses caractères appréciables, presque nuls dans
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les végétaux amorphes, deviennent de plus en plus apparents, de plus en plus complexes dans les végétaux vasculaires. Ceux-ci se divisent en deux grandes classes, les monocotylés et les dicotylés.
(c Dans les monocotylés, les organes sont con- « stamment simples, s'engendrent toujours les uns <r après les autres, se symétrisent ensuite d'après « leurs lois organiques propres, pour se développer (( plus ou moins directement ensemble.
(( Dans les dicotylés, les organes s'engendrent « aussi séparément, sont constamment doubles, et i< se symétrisent d'une manière spéciale par Teffet (( de cette complexité organique. De Fégalité ou de (c l'inégaliié de force des individus qu'ils consti- « tuent, résultent toutes les modifications orga- « niques qu'on observe dans les tiges, dans les « fleurs, dans les fruits, et dans toutes les parties « qui les composent, modifications qui sont ordice nairement produites par la déviation, la greffe « médiate ou immédiate, ou Pavortement complet (c ou partiel de quelques-uns des phytons ou de (( leurs articles. Nous ne pourrons expliquer les (c mystères de ces avortements, de ces déviations c( et de ces agencements divers, dans les feuilles et (( dans les parties des fleurs et des fruits, que lorsque (( l'organogénie nous en aura dévoilé les causes *.> ' Gaudichaud, loc. cit., p. 391.