LIVRE XII». — CHAPITRE VIIV 37i
On voit assez que, dans ce que nous venons de dire du règne végétal, nous n'avons eu, en aucune façon, le dessein de présenter le tableau même le plus abrégé de ce règne si vaste, et de la science dont Tobjet est d'en agrandir la connoissance par l'observation, et d'en constater les lois par une interprétation légitime des faits observés. Une vie humaine entière seroit loin de suffire à l'étude de cette science immense, qu'il a fallu subdiviser pour que l'œuvre, impossible à un seul, pût être progressivement accomplie par plusieurs. Les théories ont souvent varié, elles varient encore sous nos yeux, mais en acquérant chaque jour, à mesure que l'expérience les rectifie, un plus haut degré de probabilité, et, sur quelques points principaux, d'une probabilité qu'on peut croire déjà équivalente à la certitude. Pour nous, renfermés dans les limites que détermine le but de notre ouvrage, nous nous sommes arrêtés aux seuls questions où les conceptions propres de la science rencontrent la théorie philosophique et se confondent avec elle, essayant de découvrir le lien qui unit, dans l'évolution générale des choses, les êtres organisés et les êtres inorganiques, les différences qui les séparent, la raison de ces différences, et, en même temps, de montrer, au sein même d'une diversité qui étonne l'imagination et la pensée elle-même, l'unité des
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causes et celle des lois à jamais permanentes qui régissent l'universalité des êtres dont se compose la Création éternellement progressive. Si ces lois premières, identiques aux lois nécessaires de TÉtre nécessaire, sont en réalité ce qu'il nous a semblé qu'elles étoient, la conception que nous nous en sommes formée devra trouver une vérification nouvelle dans son application aux phénomènes du règne animal, dont l'étude générale et philosophique sera l'objet du chapitre suivant.