ANIMAUX
A rentrée des deux règnes végétal et animal, l'organisation nous présente un égal degré de simplicité, et paroît se réduire à une agrégation de cellules prolifères semblables, dont chacune est l'être tout entier, état que représente, dans les végétaux supérieurs, la cellule unique d'où sortira le premier phyton, et, chez les animaux, l'ovule, au moment où commence, après la fécondation, le travail de développement. Toutefois, on doit encore remonter plus haut par la pensée, car la cellule elle-même est un composé organique, dont l'existence implique un principe antérieur de formation. A cet égard, la cellule, soit végétale, soit animale, correspond à la molécule des corps inorganiques. Mais il existe entre elles cette différence profonde que la molécule, tant qu'on la conçoit comme étendue, est conçue aussi comme divisible, sans que la division en altère l'essence, et qu'ainsi le corps inorganique, simple assemblage de molécules ho-
mogènes, n'ayant point, sous les conditions de l'étendue, d'unité réelle, n'a point non plus de réelle individualité. Quelles qu'en soient les dimensions, la cellule, au contraire, composée d'éléments variés, de parties diverses et solidaires, est une et subsiste individuellement sous des conditions appréciables d'étendue. Dans un milieu approprié à sa nature, contenant des liquides et des fluides alimentaires ou des matériaux qu'elle puisse s'assimiler, elle engendre d'autres cellules exactement semblables, comme la molécule, dans les mêmes circonstances, engendre d'autres molécules également semblables. Ainsi multipliées, les cellules et les molécules se groupent suivant des modes d'agrégation dépendants de leur forme ou de leur nature spécifique ; agrégations confuses ou régulières, aussi bien dans les corps inorganiques où l'agrégation régulière produit les cristallisations diverses, que dans les corps organisés, lesquels offrent des exemples de ces deux genres d'agrégation. A ce point de vue particulier, et à cet état élémentaire où les êtres organisés ne diffèrent des êtres inorganiques que par une complexité plus grande et la diversité des parties solidaires, le végétal et l'animal n'offrent encore rien d'observable qui les distingue. Leur distinction jusqu'ici latente, quant à nos moyens de la reconnoître et de la constater, ne se manifeste