LIVRE XI l«. — CHAPITRE VIÎl
clairement qu'en des points plus élevés des séries respectives. De là, comme nous l'avons remarqué déjà, l'introduction forcée, dans les classifications de la science, de ces êtres ambigus appelés zoophytes, qu on ne sait à quel règne rapporter.
Mais, puisque les coliules végétales et animales, éléments premiers des formes progressivement plus compliquées, engendrent deux séries d'êtres que séparent certains caractères généraux radicalement distincts, il faut donc que cette distinction, cette différence générale de nature, préexiste dans la cellule génératrice, alors même qu'elle ne s'y manifeste encore par aucun phénomène sensible. Le premier et peut-être originairement le seul à l'aide duquel on puisse discerner la nature végétale ou animale d'un de ces êtres ambigus dont nous parlions tout à Iheure, est la spontanéité, laquelle implique un commencement, si foible qu'il puisse être, de sensibilité. Mais la spontanéité elle-même, la spontanéité réelle, distincte du piir automatisme, peut, aux plus bas degrés de l'échelle, se confondre pour nous, dans ses effets apparents, avec Tautomatisme, qui la simule quelquefois de manière à rendre incertain l'observateur le plus exercé ^
' On en trouvera nombre d'exemples dans les ouvrages d'orf^anogénie et de physiologie comparée. Diverses observations rapportées
La séparation radicale des deux règnes, difficile à reconnoître par des caractères prononcés à leur origine respective, quelque évidente qu'elle devienne bientôt, paroît encore en ceci, que, selon toute vraisemblance, ils ont commencé simultanément, se sont développés parallèlement, et que l'un dès-lors n'a pu être une modification, une transformation de l'autre. On ne sauroit guère douter, en effet, que la production de certaines infusoires ne soit contemporaine de celle des premiers végétaux, et l'analogie conduit à penser, qu'à raison de leurs fonctions chimiques inverses et de leur corrélation si marquée, les deux séries d'effets résultants de ces causes fonctionnelles n'aient dû se produire à la fois.
Aucun être, aucune forme ne pouvant être réalisée dans le monde physique que sous des conditions physiques, aux différences générales et radicales d'où résulte la distinction primitive des règnes,
l)ar Tiedemann, paroissent, dit-il (p. 653), « démontrer d'une ma- « nièie à peu près certaine que les coi puscules reproducteurs de cer- « laines conferves exécutent des mouvements qui ressemblent à ceux « des infusoires, et que ces cor|)Uscules, après avoir joui quelque « temps de ce mode de vie, germent à la manière des grains sémi- « naux d'autres cryptogames, et représentent alors des filaments de « conferves. » Les mouvements qu'exécutent , daus l'acte de la fécondation, les organes sexuels de certaines plantes, sont encore de ceux qui présentent, quoiciue peut-être à un degré moindre, le caractère équivoque dont nous parlons.