LIVRE XII*. — CHAPITRE Tllie
dant une certaine durée : et quant aux produits dont il est un des agents nécessaires, dépendant des actions et des réactions mutuelles des parties diverses qu'implique la forme qui constitue spécifiquement la plante, ils représentent, dans une classe d'êtres manifestement plus élevés, les produits résultants dans le règne inférieur, des combinaisons plus simples dans leurs éléments, plus simples dans leurs lois, des corps inorganiques, et ne sont, eomme ceux-ci, que des produits chimiques, mais astreints relativement à leur formation, à des conditions nouvelles d'un autre ordre, variées comme la forme complexe, unes dans leur ensemble comme la vie, par l'intime connexion qui subsiste entre elles. Cependant l'unité de la plante, à tous les degrés du règne végétal, présente, comparativement à l'unité qu'offrent, en se développant les termes progressifs de la série animale, un caractère d'infériorité qui consiste en ce que la plante la plus complexe n'est jamais qu'lme agrégation d'individus radicalement complets en soi, puisque chacun d'eux, isolé du tout, pourroit dans un milieu approprié, produire un tout semblable. Le mode invariable de leur groupement et le genre des produits élaborés, manifestent la nature particulière du végétal, ce qui en constitue l'espèce, et dans l'agrégation d'où résulte son unité totale, chacune des cellules indivi-
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duelles, soumise aux lois de Tagrégation elle-même et modifiée par elles dans son évolution, devient un simple organe, lequel concourt, par sa fonction propre, à la conservation et à la reproduction du végétal entier, qui se compose de leur assemblage harmonique.
Mais le végétal le plus parfait n'est, comme nous Tavons dit, qu'un appareil purement nutritif. Point de vie de relation, si ce n'est celle qui appartient aux corps inorganiques eux-mêmes, point de sens dès-lors. Or la nutrition, séparée de ce qui se rattache aux fonctions des sens, à la vie de relation, s'opère chez les animaux mêmes sans qu'ils en aient conscience, et ainsi n'implique point la sensibilité, sans laquelle nulle spontanéité réelle ; car nous appelons spontanéité un commencement de volition qui, si obscure qu'elle soit, a pour condition nécessaire la conscience de soi.
En cela consiste, selon nous, la distinction fondamentale du règne végétal et du règne animal. Dans le premier, absence de sensibihté et, conséquemment, de spontanéité ; dans le second, sensibihté et spontanéité, à divers degrés de développement, depuis la monade jusqu'au mammifère. Or, à ce caratère général doit correspondre une condition organique également générale. Qu'est-elle?
Si, de l'animal le plus compliqué, on descend de