‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 194 sur 229 · LIVRE XW.— CHAPITRE V3ÎÎ · texte numérisé non relu

LIVRE XW.— CHAPITRE V3ÎÎ

proche en proche jusqu'aux animaux les pkis simples, on découvre en eux un appareil spécial, Tappareil nerveux, lié sans doute à l'appareil nutritif, puisque toutes les parties de Torganisme sont solidaires, mais qui, en outre, est l'appareil propre de la vie de relation, du mouvement spontané el de la sensibilité. Diversifié suivant les espèces, iî exprime par son développement celui des espèces mêmes, le rang que chacune d'elles occupe dans la série et ses embranchements, comme il exprime par sa structure la forme caractéristique qui les distingue spécifiquement.

Mais, à mesure qu'on approche de l'origine de la série, le nombre des organes diminuant toujours, ainsi que la variété des fonctions, on arrive enfin à des animaux qui paroissent se réduire à une simple poche membraneuse, sans aucun autre organe apparent. L'analogie pourroit autoriser à supposer qu'elle se compose de plusieurs feuillets, suivant ce qu'on observe chez les animaux supérieurs à un certain état embryonnaire, où les trois appareils nerveux, nutritif, vasculaire, se présentent sous cette forme en quelque sorte élémentaire. Mais on se demanderoit encore d'où cette membrane est venue, comment elle s'est organisée, ce qui obligeroit de remonter par la pensée à quelque chose d'antérieur, où l'esprit ne conçoit, avant toute détermination de

structure, que rélément même de la substance nerveuse mêlée aux autres éléments du corps et diffuse dans leur masse. Tel est le plus bas degré de l'animalité, à partir duquel on s'élève, par une longue suite d'organisations de plus en plus variées, de plus en plus complexes, jusqu'à celle de l'homme, la plus parfaite qui nous soit connue; organisations constamment représentées, dans leurs ressemblances et leurs différences, par celles des appareils nerveux.

Abstraction faite de ces différences, on peut définir l'animal, un être organisé qui a conscience de soi; en d'autres termes, un être doué de la faculté de sentir, et que la sensation, jointe à Tinstinct, déte-rmine à produire des actes spontanés, c'est-à-dire, des actes qui ne dépendent, dans leur origine immédiate, d'aucunes causes mécaniques ou chimiques, mais d'une puissance interne propre à Têtre sentant.

On comprend assez que ni cette puissance productive du mouvement spontané, ni la sensibilité ou la conscience que Têtre a de soi, ni l'instinct ou rimpulsion propre de la forme qui le constitue distinctivement ce qu'il est, ne résident dans l'élément matériel nerveux, n'en sont des propriétés, mais qu'elles appartiennent à l'être considéré dans son unité essentielle. La fonction de l'appareil nerveux,

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