LIVRE XH«. — CHAPITBE VïlïC
nément agissants, cause et effet à l'égard Tun de l'autre, constituent, quelle que soit la diversité de leurs fonctions, l'unité organique de Têtre, qui ne subsiste que par leur indissoluble union.
Ces conditions universelles de l'organisation animale étant posées, on voit se produire une variété immense d'êtres différents de grandeur % de structure, d'instinct, d'êtres, en un mot, de natures si diverses, qu'en dehors des conditions d'une nécessité radicale dont nous venons de parler, beaucoup d'entr'eux n'offrent guères, dans le plan général et dans les détails de leur construction, que des dissemblances aussi profondes que multipliées, dont la science a du chercher la raison.
Ce que nous avons dit ^ des différences qui caractérisent les espèces dans le règne végétal, s'applique également à celles qui caractérisent, d'une manière analogue, les espèces dans le règne animal. Elles ne sauroient avoir leur cause dans les milieux
1 Quoique la grandeur ne soit qu'un caractère différentiel de peu de valeur comme moyen de classification, parce que les êtres se classent par leur structure et non par leur masse, il ne laisse pas de se lier à la structure elle-même, avec laquelle il a certains rapports typiques indépendants des causes extérieures. Ainsi personne n'imaginera qu'un être animé, plusieurs milliards de fois plus petit qu'un autre être, ne diffère pas de cet autre être par le fond de sa nature; que, dans aucun milieu, le premier pût acquérir les dimensions du second, le second être réduit aux dimensions du premier, restant d'ailleurs les mêmes à tous autres égards.
« Chap. VII.
30a ne PARTIE. — DE L'HOMME.
OÙ les animaux se développent, puisqu'elles affectent des animaux développés dans les mêmes milieux, et qu'elles persistent immuablement chez ces mêmes animaux transportés en d'autres milieux. L'influence de ceux-ci, impuissante à changer leur organisation spécifique, n'y apporte que de légères et superficielles modifications. Conséquemment, cette organisation spécifique, inaltérable pour le fond, dépend d'une cause interne inaltérable ellemême, préexistante au développement et le déterminant : d'oij il suit que, chez les animaux comme chez les végétaux, il existe de vraies espèces, non par un type, mais des types indéfiniment nombreux, lesquels, ainsi que nous l'avons plusieurs fois remarqué, s'impliquent et s'enchaînent, à mesure que les êtres, croissant en perfection, deviennent plus complexes ; de sorte que chaque être, résumant les êtres inférieurs, la Création entière se dilate dans une unité toujours plus vaste, toujours plus intime.
L'idée, d'ailleurs, d'un type unique constituant par de simples modifications tout le règne animal, paroît au moins très-difficile à concevoir nettement. Que seroit ce type ? Le supposera-t-on quelque chose de réel? Comment alors contiendroit-il simultanément en soi ce qui, dans les êtres qui n'en sont que l'évolution progressive, est incompatible ? S'il n'est rien de réel, qu'est-il donc ? et en quoi cet assem-