LIVRE Xlie. — CHAPITRE Ville
mes, celle des ressemblances et des différences de ces mêmes organes et de ces mêmes fonctions ; d'où Tanatomie et la physiologie comparées. Toutes deux ont leur racine dans l'organogénie, qui déduit des faits d'origine les lois de la formation des êtres organisés vivants.
L'animal, comme la plante, est, sous certaines conditions spéciales, une sorte de pile, en ce sens que l'électricité, modifiée par la vie, s'y manifeste par des phénomènes semblables pour le fond à ceux qu'engendre la pile voltaïque, mais plus compliqués, parce qu'ils relèvent de causes beaucoup plus nombreuses. On ne sauroit douter, en effet, que l'électricité ne concoure aux combinaisons chimiques qui s'opèrent dans les organismes animés, comme elle concourt à celles qui s'opèrent entre les corps inorganiques, et c'est à elle encore que doivent être rapportés tous les ordres de mouvements qu'implique la vie de relation, puisqu'ils dépendent primitivement du principe de force.
Ceux de ces mouvements au moyen desquels les impressions reçues du dehors sont transmises aux organes internes de perception, appartiennent aux fonctions des sens, qui établissent l'animal en un genre de rapports spéciaux avec le monde extérieur, rapports que détermine sa nature. Elle s'exprime par eux en une certaine mesure, et plus complettement
par l'instinct auquel ils sont liés. Nous ne répéterons point ce que nous avons dit^ de cette faculté inexplicable physiquement, inexplicable encore à la philosophie qui, la séparant de ses conditions organiques, est impuissante à la relier aux lois uniyerselles des êtres, aux principes premiers desquels ils dérivent tous. A nos yeux, Tinstinct est, chez les elres doués de sensibilité et de spontanéité, ce qu'est dans les corps bruts la simple affinité, c'està-dire, l'action propre de la forme qui les constitue spécifiquement, la sollicitation interne qui, ea dehors des opérations purement chimiques ou moléculaires, les pousse à tous les actes d'où dépend la conservation des individus et celle de l'espèce. De là l'évidente nécessité des sens et leur connexion intime avec l'instinct. Forcés, selon la variété des cas et la diversité des natures, de chercher à distance leur indispensable aliment, de le discerner avea sûreté, de poursuivre et de saisir leur proie, de se dérober eux-mêmes à des poursuites semblables, les animaux ont donc besoin, pour satisfaire à ces fins diverses, d'instruments qui y soient appropriés. ïl faut qu'ils possèdent, à différents degrés, lesquels marquent leur élévation relative dans le règne, la vision, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher, et avec les organes de ces sens plus ou moins développés^
' ir part, liv. VII, chap. VI.