‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 202 sur 229 · LIVRE XI1«. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE XI1«. — CHAPITRE VIII

ceux de préhension et de locomotion, modifiés selon les milieux, sans quoi Texistence de cet ordre d'êtres seroit impossible.

Pour résumer ce qui vient d'être dit, on voit d'abord qu'en laissant à part les innombrables différences qu'offre le règne animal, il se caractérise radicalement par la spontanéité qui implique la sensibilité et l'instinct, comme l'instinct et la sensibilité impliquent eux-mêmes, à divers degrés, suivant les espèces, le mode de relation avec le mode extérieur qui constitue ce qu'on nomme les sens, dont les organes externes et internes sont les organes de perception.

Quelles que soient d'ailleurs les différences qui le caractérisent spécifiquement, l'animal se compose, sous des modifications de structure souvent trèsdiverses, de trois appareils indissolublement unis, l'appareil de la force ou l'appareil nerveux, l'appareil de la forme ou l'appareil nutritif, Fappareil de la vie ou l'appareil vasculaire immédiatement lié à la respiration.

Les fonctions de l'appareil nerveux, source de tous les mouvements internes de l'être, sont de deux sortes. Il intervient nécessairement dans tous les phénomènes de combinaisons qui résultent des affinités des tissus vivants et de leurs sécrétions, comme l'électricité ordinaire intervient dans tous les phé-

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nomènes de combinaison qui résultent des affinités réciproques des corps inorganiques. Il est le conducteur des impressions externes au centre de perception, et celui die la force qui opère les mouvements déterminés par les volitions. En tant qu'il transmet les impressions, il se particularise dans les organes passifs des sens; en tant qu'il opère les mouvements déterminés par les volitions, il se lie aux organes motiles auxquels il communique l'activité dont il est Tinstrument direct.

L'appareil nutritif embrasse dans sa complexité tous les organes, tous les tissus, dont l'action respective concourt, par l'élaboration des matériaux alimentaires, au développement de l'organisme et à la réparation de l'organisme développé. Il est l'appareil propre de l'assimilation, et, dans son ensemble, Texpression physique de la forme essentielle de l'être, ou de l'énergie interne directrice de la force par laquelle il a commencé d'être et continue d'être.

L'appareil vasculaire, dans ses rapports avec la respiration, est l'appareil propre de la vie, qui se manifeste par la chaleur. Le liquide nourricier qu'il conduit jusqu'aux dernières ramifications de l'organisme, acquiert, par sa combinaison avec l'oxigène de l'air dans les organes respiratoires, les propriétés vitales sans lesquelles, d'une part, tout mouvement s'arrêteroit, et, d'une autre part, l'assimilation de-

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