LIVRE X3I«. — CHAPITRE VlUe
YÎendroit impossible. L'appareil nutritif et l'appareil nerveux, à la fois frappés d'inertie, seroient l'un et l'autre impuissants à remplir leurs fonctions : par où se montre clairement celle de l'appareil de la vie et de la vie même, qui est d'unir, dans tous les points de l'organisme, la force et la forme, union manifestée par la calorification qui s'opère, à des degrés divers, en chaque tissu selon sa nature. Car la vie n'est radicalement que le calorique, aussi nécessaire aux combinaisons successives qu'implique l'assimilation des matériaux alimentaires, qu'aux combinaisons qui sont l'objet de la chimie inorganique.
A mesure que les êtres s'élèvent, les mêmes appareils, sans cesser de remplir leur but physiologique, se hent à de plus hautes fonctions. Ils deviennent dans l'être un, et d'autant plus un qu'il est plus complexe, les conditions organiques de l'exercice des facultés supérieures qui, respectivement, dérivent des trois propriétés universelles et nécessaires de la substance et les manifestent : dans l'animal, les volitions, les perceptions, les sensations, l'instinct, les attraits et les répugnances ; dans l'homme, la volonté, l'intelligence, l'amour. Car la volonté, c''est l'être actif, l'être usant librement d'une force qui lui est propre ; l'intelligence, c'est la vision de soi et de ce qui n'est pas soi, la vision des formes contingentes réalisées dans l'Univers et des formes
essentielles immuablement subsistantes en Dieu, de leurs rapports et de leurs lois; Tamour, c^est la vie, ce qui opère l'union de Tintelligence et de la volonté, union sans laquelle nul acte possible ^ On voit donc dans cette sphère encore, les trois principes de Têtre se manifester d'une manière fondamentalement la même, concourir simultanément aux phénomènes de Tordre intellectuel et moral, exactement comme ils concourent aux phénomènes de Tordre physique, chimique, physiologique, et suivant les mêmes lois invariables en soi, variables seulement selon les différences des natures.
Nous avons à dessein négligé les questions secondaires, qui se multiplient à mesure que se développe la science zoologique. Elles portent généralement sur deux points, la détermination des espèces et leur enchaînement, base des systèmes de classification. 11 est clair qu'à cet égard la science dépend des travaux incessants d'observation, qui chaque jour lui fournissent de nouveaux faits, auxquels bientôt s'en ajouteront d'autres en grand nombre, résultat de Tétude approfondie des animaux inférieurs et notamment des infusoires, qui forment à elles seules comme un monde vivant presque à part. Elle dépend aussi de Torganogénie comparée, source abondante de lumières précieuses. Il reste encore d'importantes
' royez ir part., liv. V, chap. III et IV.