LIVRE Xlie.— CHAPITRE VUl*. 40S
questions à cclaircir par elle. Ainsi des naturalistes d'un rare mérite, fondés sur des observations relatives à la manière dont paroît s'opérer l'évolution de certains animaux de la classe des invertébrés % contestent l'universalité de la loi de formation centripète, inébranlablement établie pour d'autres groupes. En général l'organogénie, dans son état présent, ne paroît pas favoriser l'opinion, sujette d'ailleurs à tant de difficultés et à des difficultés si graves, d'un type unique de l'animalité. Mais si elle tend de la sorte à éliminer de la science une fausse notion de l'unité qu'on s'étoit trop hâté d'y introduire, elle confirme, au contraire, par chacun de ses progrès, la notion plus vraie d'une autre unité, qui, étroitement liée à la variété même, telle que les faits la montrent et que l'esprit la conçoit dans son principe générateur, résulte de la combinaison intime de formes relativement simples dans des formes de plus
' Les annélides. Il y auroit peut-être à tenir compte dans ce genre de recherches, quant aux conséquences à déduire des faits, de ce qui constitue la réelle individualité des êtres; car, parmi les êtres inférieurs, il en est beaucoup qui, à divers degrés, ne sont, dans leur individualité apparente, que des groupes d'individus latents, chacun desquels est susceptible de se développer isolément et compleltement en certaines circonstances favorables. Pour que l'objection que l'on tire contre l'universalité de la loi de formation centripète, du mode d'évolution des annélides, fût absolument décisive, il faudroit, ce semble, qu'elle se vérifiât dans l'évolution particulière de chaque anneau. Or nous ne sachons pas que l'observation ait jusqu'ici rien appris à cet égard.
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CD plus complexes, qui les impliquent comme leurs éléments nécessaires. Cette combinaison s'opérant selon les relations harmoniques des formes ellesmêmes, qui tendent à s'unir dans un certain ordre en vertu de leurs rapports de convenance, comme elles se repoussent par leurs disconvenances, on comprend qu'elle ait pour effet la production de divers groupes, de divers embranchements, déterminés dans leur caractère par une forme principale dont ils représentent les rapports spéciaux avec les formes élémentaires. L'influence des milieux, quoique réelle à d'autres égards, est étrangère à ces phénomènes. Elle ne s'étend jamais jusqu'à créer un type, ou à le changer radicalement. Immuables par leur essence, inhérents au principe de forme dans lequel ils subsistent virtuellement, et, en ce sens, à l'état de germe, les types se développent quand les conditions de leur existence sont réalisées, et ces conditions d'existence au sein du monde physique sont les milieux mêmes, impuissants d'ailleurs à exercer dans la genèse des êtres une autre action que cette action sans doute indispensable, mais indirecte.