‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 206 sur 229 · LIVRE XI1«.— CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE XI1«.— CHAPITRE IX

d'une part, dans les cas qui donnent lieu à des conclusions différentes au- sujet des faits d'origine, on ne peut découvrir ces œufs, ces graines dont théoriquement on suppose Texistence^ d'une autre part^ à cause de leur ténuité que rien n'empêche d'imaginer telle qu'ils échappent à tous nos moyens d'observation, on ne sauroit non plus en prouver la nonexistence.

D'autres naturalistes, rejetant l'hypothèse absolue des germes préformés, étendent jusqu'à des animaux déjà pourvus d'organes compliqués, le fait pour eux incontestable des générations spontanées. Selon Tiedemann, « on doit considérer comme une « simple modification de ce mode de génération, le u développement premier, dans un corps animal, « des entozoaires qu'on rencontre même quelque- « fois dans des embryons. Les motifs allégués par « Pallas, MuUer, Werner, Bloch, Gœze, et surtout « G. R. Tréviranus, Rudolphi et Bremser, ne per- « mettent plus d'admettre qu'ils viennent du dehors

(c dans l'animal Nous devons donc, avec ces

« naturaUstes, les regarder comme des produits « d'éléments non assimilés, ou comme des produc- € tions morbides qui, en certaines circonstances, se « forment dans les hommes ou dans le parenchyme « des organes. Cependant beaucoup d'entre eux, « une fois formés, sont pourvus d'organes génitaux,.

(( et se reproduisent par la génération proprement (c dite.

(( Les résultats des observations 'et recherches à « ce sujet nous mettent également dans la nécessité « d'admettre Taxiome établi par G. R. Tréviranus, « qu'il existe une matière propre aux êtres organise ques, apte à la vie, et jouissant de la propriété (( de revêtir certaines formes , en même temps u qu elle acquiert un mode particulier d'action. La « manière dont cette propriété se manifeste dans le (( développement réel de la forme \ est subordonnée (c au conflit et à la réciprocité d'action qui existe (( entre la matière organique et les influences extécc rieures ou physiques, circonstances en raison des- « quelles elle prend ou une forme animale ou une (c forme végétale '^. »

L'explication systématique doit être ici soigneusement distinguée du fait même. Et à cette occasion il ne sera pas inutile peut-être de remarquer qu'on

' Qu'est-ce en soi que cette forme? car il faut bien qu'originairement elle existe pour se développer.

' Tiedemann, tome I, p. 153 et 151. Des derniers mots du passage cité, il paroîtroit s'ensuivre (jue, selon Tiedemann, on doit attribuer à ractioii des milieux non-seulement la diversité des foi mes dans le m me règne, mais encore les différences plus profondes qui séparent le règne végétal du règne animal, et les caractérisent respectivement. Comment alors concevoir qu'il se développe dans le même milieu, soumis aux mêmes influences pbysi(iues, des végétaux et des animaux?

Page 1