‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 214 sur 229 · DE L*KTAT ANORMAL CHEZ LES ÊTRES ORGANISÉS · texte numérisé non relu

DE L*KTAT ANORMAL CHEZ LES ÊTRES ORGANISÉS

Tout ce qui commence finit, tout ce qui naît meurt, tout, dans TUnivers, subit de perpétuels changements, est en un mouvement perpétuel *, qui est le mode même de la vie universelle et la condition du progrès, car la destruction et la production, faces diverses d'un même fait, s'impliquent rigoureusement l'une l'autre. Toutefois, entre les êtres* organisés et les êtres inorganiques il y a cette notable différence, que ceux-ci n'ont en soi aucune cause de dissolution, que soustraits entièrement aux influences externes, ils subsisteroient indéfiniment ;

' Eq traitant des corps inorganiques, nous avons dit que chacun d'eux contenoit, en des proportions déterminées par sa nature, de l'électricité, de la lumière et du calorique. Mais, en chacun d'eux aussi, on peut concevoir comme un flux perpétuel de ces fluides reçus, donnés en même quantité, selon les lois de leur circulation générale au sein de l'Univers; de sorte que, le corps restant le même sous tous les autres rapports, il s'opère néanmoins en lui de continuels mouvements liés à ceux dont la Création entière est le théâtre. Nous devons cette belle observation à M. Arago.

428 lie PARTIE. — DE L'HOMME.

tandis qu'en vertu des lois mêmes selon lesquelles ils se conservent, par une suite naturelle de leur constitution propre, les êtres organisés ont un terme fatal qu'ils doivent atteindre nécessairement.

De même encore Tetre inorganique, si rien d'extérieur n'agit sur lui, demeure immuablement ce qu'il est ; aucune modification, si légère qu'elle soit, ne s'opère en lui; et, de plus, dans ce qui fait son essence, dans ce qui le constitue tel ou tel être, tel ou tel corps déterminé, les agents extérieurs euxmêmes, quoiqu'ils puissent changer, en une certaine mesure, le mode d'agrégation de ses molécules similaires, ne sauroient modifier en soi ces molécules inaltérables tant que le corps subsiste.

Les êtres organisés, au contraire, composés de parties solidaires diverses, d'éléments dissemblables qui exercent les uns sur les autres une continuelle action; soumis, en outre, à celle des milieux dans lesquels ils puisent les matériaux qu'ils doivent sans cesse élaborer et s'assimiler, les êtres organisés qui ne vivent que par le mouvement, ne persistent jamais deux instants de suite en un même état, et, parmi les états où ils se peuvent trouver, il en est d'anormaux, c'est-à-dire, que caractérisent des altérations organiques desquelles résultent des troubles fonctionnels, des désordres internes ou, comme on les nomme, des maladies, dont la gravité

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