‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 216 sur 229 · LIVRE Xlie. — CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE Xlie. — CHAPITRE X

trouble ait commencé ; et comme elles s'engendrent mutuellement, il est, en beaucoup de cas, trèsdifficile au moins de remonter à la première, d'autant plus que, dans le progrès de la perturbation organique, la cause originaire cesse bien souvent d'être la cause principale.

Nous ne parlons ici que des causes internes, des causes inhérentes à l'organisme actuellement vicié en quelqu'un de ses points. Mais ce vice a lui-même sa cause, laquelle, en tant qu'elle appartient à Tordre purement physique, doit être cherchée dans les milieux avec lesquels l'être est en relation. Rapportée à chacune des conditions fondamentales de son existence, elle est positive ou négative. Ainsi, les quantités d'électricité, de lumière et de calorique peuvent être ou trop grandes ou trop foibles, les matériaux ahmentaires qu'élabore l'appareil nutritif, insuffisants ou surabondants. En toutes ces circonstances, l'équilibre des fonctions étant rompu, les organes eux-mêmes s'altéreront. Mais, en outre, il existe dans la nature, à l'état soit gazeux, soit liquide, soit solide, des corps dont l'action, variable d'ailleurs suivant la diversité des organismes, a pour effet d'opérer dans les tissus des végétaux et des animaux, et dans les sécrétions de ces tissus, des altérations plus ou moins profondes, plus ou moins rapides. De toutes les causes physiques de maladie,

celle-ci, à tous ses degrés et dans toutes ses nuances, est la plus générale, et en même temps la moins saisissable à son origine, inconnue qu'elle nous est d'ordinaire dans ses éléments. Invisibles, impalpables, répandus dans l'air, dans les eaux, dans les matériaux destinés à l'alimentation , ils pénètrent dans l'organisme par les voies de la vie même. Ainsi, un grand nombre des désordres que Ton voit s'y produire, ont pour cause primitive un véritable empoisonnement, et les poisons divers Fatlaquent diversement; d'où la variété de leurs effets, quelquefois violents et soudains, d\iutres fois lentemiCnt progressifs, quelquefois se manifestant par une perturbation générale des fonctions, d'autres fois par une altération locale de certains organes, ou d'une portion de ces organes. Des êtres vivants, en trèsgrand nombre, parasites dangereux des végétaux et des animaux, produisent en eux les mêmes effets.

Parmi les symptômes de l'état morbide^ il en est de propres à cbaque appareil, déterminés par les fonctions de ces appareils mêmes. Le trouble de la circulation que l'on appelle fièvre, se rapporte, en ce qui touclie le mouvement, à l'appareil nerveux ou à l'appareil de la force, et plus spécialement encore, quant à son origine, à sa cause principale, lorsqu'il présente un caractère de périodicité, car la périodicité est une des lois essentielles de la

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