‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 218 sur 229 · LIVRE XI1«. — CHAPITRE Xe · texte numérisé non relu

LIVRE XI1«. — CHAPITRE Xe

la complexité des symptômes morbides, et la fréquente incertitude du diagnostic qu'on en peut tirer, quant au siège initial du désordre.

Sitôt qu'il se produit, il se produit aussi dans l'organisation un travail en sens opposé et comme un effort de l'organisme entier pour en détruire la cause et rentrer dans l'état normal. Ce travail n'est que l'action par laquelle les êtres se conservent suivant les lois de leur nature, une tendance innée, nécessaire à l'équilibre des fonctions. Tendre à exister, c'est tendre à exister en un certain état, condition de l'existence même; c'est résister dès-lors à tout ce dont l'effet seroit d'altérer ces conditions. Mais l'organisme ne peut pas toujours par sa seule action vaincre celle des causes qui portent en lui le désordre. Il a besoin, pour parler ainsi, qu'une puissance auxiliaire vienne l'aider. La connoissance des moyens propres à atteindre cette fin, forme une science spéciale, la thérapeutique, fondée sur la pathologie et enveloppant une autre science, qui n'en est qu'une subdivision, la pharmacopée. L'hygiène dérive immédiatement de la physiologie ; elle a pour objet, non de guérir les maladies, mais de les prévenir, en déterminant pour chaque être les meilleures conditions de milieux et de régime, et conséquemment aussi, par cela même, les conditions nuisibles.

L'ensemble de ces sciences, c'est-à-dire l'hygiène, la pathologie, la thérapeutique, la pharmacopée, constitue la médecine, laquelle, pratiquement et quant au but qu'elle se propose, est Fart de conserver la santé et de la rétablir.

Instinctive dans son origine, l'hygiène, réduite aux faits dont elle cherche les causes et constate les lois, n'est que Timpulsion interne, spontanée, en vertu de laquelle chaque ctre vivant accomplit les actes nécessaires à sa conservation ; et la thérapeutique, également née de Tinstinct, en forme le complément. C'est pourquoi l'une et l'autre existent naturellement pour les animaux comme pour l'homme. Celui-ci seulement développe, perfectionne indéfiniment par l'expérience, l'observation, la réflexion, ce qui, restant toujours purement instinctif pour l'animal, n'est quelquefois que plus sûr dans cette étroite limite, mais aussi n'admet aucun progrès.

A raison de l'innombrable variété des causes morbides et de la complexité de leurs effets, variables eux-mêmes selon mille circonstances extérieures changeantes, ceux qui s'efforcent de constituer scientifiquement la pathologie et la thérapeutique, rencontreront long-temps encore d'immenses difficultés. Ces deux branches du savoir relèvent immédiatement de la physiologie, s'éclairent de ses principes, n'existeroient pas sans elle. Or, malgré tant de tra-

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