‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 22 sur 229 · LIVRE Xe. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE Xe. — CHAPITRE IV

physiologiques, et des lois éternelles des êtres, identiques avec celles de Dieu, naissent la science des droits et des devoirs, ainsi que la science économique qui a pour but T Utile.

Du fait de son propre développement naît l'histoire, qui, en constatant l'évolution de Tespèce et le mode de cette évolution, révèle Tensemble de ses lois, que l'évolution de Findividu ne manifeste que partiellement.

La Science donc, embrassant l'Être infini et Têtre fini, les comprend tous deux dans son objet radicalement un, puisque l'Être est un, bien qu'il subsiste simultanément sous deux modes exclusifs l'un de l'autre dans le même être individuel; et subjectivement elle n'est, quant à Fhomme, que son initiation progressive à la connoissance de Dieu et de son œuvre inséparablement unis, éternellement distincts, un lien plus intime avec lui, une pénétration plus profonde en lui.

L'action créatrice ne s'arrêtant jamais, notre planète est sans doute destinée à subir, à des époques inconnues de nous, des transformations nou- YcUes, liées à des transformations analogues dans les diverses parties du grand Tout, dont les bornes fuient sans cesse, qui se dilate perpétuellement, se rapprochant toujours de son type divin, de TÊtre absolu, infini, qui se reproduit en lui sous les con-

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ditionsdu fini, par une éternelle prolation de ce que renferme son unité seule incommunicable. Et rhomme aussi, suivant sa nature, associé à ce progrès, voit indéfiniment s'élargir la sphère de sa pensée, de son amour, de sa puissance, modifiant de plus en plus, par l'effet naturel de son propre développement, le milieu terrestre oii s'accomplit la première phase de son existence.

Et à mesure que croît TUnivers, la science croît comme Tobjet auquel elle correspond, qu elle représente intellectuellement, et croît encore dans sa relation avec r esprit qui se nourrit d'elle, qui, en découvrant le Vrai, en se l'appropriant par une sorte d'union substantielle, s'assimile Dieu même incarné selon tout ce qu'il est^ bien qu'à divers degrés, dans chacune de ses créatures.

A quelque point de son évolution que l'on considère l'Univers, il ne contient dans sa variété aucun être isolé, subsistant de soi, qui, de proche en proche ne suppose les autres, qui ne tienne étroitement à la trame où tous s'enchaînent, et qu'on puisse concevoir existant hors d'elle.

Ce qui est vrai des êtres, est vrai aussi de la Science : une comme Dieu, une comme 1 Univers et variée comme lui. Aucune science particulière, simple élément de la Science générale, ne se suffît à elle-même, ne sauroit subsister isolée des autres,

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