‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 23 sur 229 · LIVRE Xe. — CHAPITRE II*. 4S · texte numérisé non relu

LIVRE Xe. — CHAPITRE II*. 4S

de celles mêmes qui d'abord en paroissent le plus éloignées : et toutes ont leur racine dans la Science de l'Etre infini, seul principe des choses, leur raison première et dernière, en qui et par qui le contingent s'unit au nécessaire, le relatif à l'absolu, y trouve sa possibilité d'être et les lois de son être. Car tout ce qui existe hors de Dieu, n'est qu'une participation de Dieu, de sa substance et des propriétés, des énergies radicales, essentielles, inhérentes à sa substance, et dès-lors, non-seulement a en lui sa cause effective, mais encore est un avec lui par le fond de son être, quoique distinct de lui par la limite qui l'en sépare éternellement.

Après avoir montré, d'une manière générale, comment la Création se développe, et comment la Science correspond à ce développement qu'elle exprime, qu'elle représente intellectuellement, nous allons, parcourant de nouveau la même voie, pénétrer plus avant dans les phénomènes, les étudier plus en détail, essayer de les concevoir ou d'en concevoir les causes et les lois, au moyen des principes exposés dans cet ouvrage, d'où devra résulter soit une confirmation de la vérité de ces principes, s'ils concordent de tout point avec les faits qu'ils doivent expliquer en une mesure proportionnée à celle de nos connoissances acquises, soit une infirmation de ces mêmes principes, faux, sans aucun doute,

s'ils se trouvoient en opposition avec les faits certains; insuffisants, si quelques-uns n'y pouvoient être ramenés : observant, toutefois, que l'impossibilité absolue ou relative d'une application actuelle, en tant qu'elle résulteroit de l'ignorance partielle des phénomènes eux-mêmes dans l'état présent de la Science, ou les vices, quels qu'ils fussent, d'une application erronée, qui provi endroit de notre ignorance propre, ou de notre foiblesse individuelle, ne prouveroient rien contre une théorie d'ailleurs en harmonie avec les faits incontestablement établis et logiquement interprétés.

On comprend encore que notre but ne sauroit être de reproduire la Science tout entière; qui le pourroit? Nous voulons seulement indiquer la méthode à suivre, selon nous, pour en constituer les bases, en remontant aux causes les plus universelles, qui, sous des multitudes de modifications dépendantes des différences spéciales qui caractérisent les natures diverses, doivent se manifester dans ce qu elles ont de commun.

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