LIVRE XH«. — CHAPITRE Xie. 4SI
sensible, et le Vrai pur est aussi pour l'homme l'objet à jamais inépuisable d'une perpétuelle aspiration. Il veut connoitre, connoître toujours plus, il veut des effets contingents remonter aux causes nécessaires, embrassant, dans le cercle infini où se dilate son intelligence, Dieu et son œuvre, le Créateur et la Création ; le premier contenant en soi la raison et les lois de tout ce qui est et de tout ce qui peut être, la seconde manifestant par une évolution progressive sans terme, sous les conditions du fini, ce que renferme l'Être infini.
De ce besoin de connoître inhérent à Thomme, naît la Science. Labeur incessant de sa pensée, elle a pour but de découvrir dans les phénomènes du monde réel son type idéal, ou, par l'observation des effets et la conception des causes, de reproduire intellectuellement la Création, sous la forme éternelle qui la représente en Dieu et qui est Dieu même.
Nous avons traité dans ce volume de cette partie de la Science qui a TUnivers pour objet immédiat, et qui, commençant avec lui, au moment où Dieu, limitant sa substance, crée au-dehors de soi, suit dans son progrès continu l'évolution de ce grand tout, où, dès l'origine, étoient virtuellement contenus les êtres innombrables destinés à se produire successivement selon des lois identiques à celles
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qui enchaînent, dans l'unité de la Forme infinie, toutes les formes finies possibles. Ces êtres, de plus en plus complexes, de plus en plus parfaits, ont, en se développant sous nos yeux, développé la Science même, expression des faits conçus dans leurs causes. De cette Science, une par ses principes universels et primordiaux, dérivent les sciences partielles ou les divisions relatives à la variété des objets de la connoissance, qu'on a été forcé d'établir dans la Science générale pour en faciliter l'étude. Aucune de ces sciences particulières ne subsiste d'elle-même, isolée et indépendante; elles relèvent toutes les unes des autres , elles sont toutes solidaires ; et C'est pourquoi aucune d'elles non plus ne sauroit seule ni fournir les bases d'une théorie de FUnivers, ni offrir des moyens de vérification suffisants pour légitimer une semblable théorie, quelle quelle soit : car s'étendant, si elle est vraie, à tous les ordres de la connoissance, tous les ordres de la connoissance doivent concourir à la vérifier. Elle n'est admissible qu'à ce titre.
On a vu comment, du seul fait de l'existence de Téther ou de la substance finie et de ses propriétés nécessaires, pouvoient se déduire tous les phénomènes ultérieurs, et comment on concevoit qu'avoit pu et dû s'opérer, suivant les mêmes lois immuables, la production successive des êtres divers, depuis le