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gaz le plus simple jusqu'à l'homme. Ainsi a passé sous nos yeux la Science entière, dégagée sans doute des détails sans nombre qui en fondent la réalité^ mais, par cela même peut-être, plus clairement aperçue, dans les principes universels et les lois nécessaires qui en fondent Tessentielle vérité. Au-delà, on sort de la Nature pour entrer dans une autre partie de la Science complette, dans la science de Timmatériel, des essences pures, de tout enfin ce qui exclut, par sa notion même et son caractère radical, l'idée de contingence.
Ces deux parties de la Science comprennent évidemment tout ce qui peut être l'objet de la pensée, puisqu'elles comprennent tout ce qui est et tout ce qui peut être. La Science donc, avec l'Art et avec l'Industrie, constitue la sphère où s'exerce l'activité individuelle de l'homme, ou l'activité qui n'implique rigoureusement que l'individu, bien que ses résultats, quant à leur étendue, dépendent du concours des forces.
Ce concours, il le trouve dans la société, hors de laquelle l'individu, tout entier au soin de sa conservation physique, ne se développeroit guère que dans les bornes du pur instinct, privé qu'il seroit de l'instrument des opérations de l'esprit, le langage. L'homme est par sa nature destiné à vivre en relation avec ses semblables. Nulle part on ne le ren-
contre à l'état d'isolement. Mais avec la société naît pour lui un nouveau mode d'activité dont le terme est le Bien, c'est-à-dire, la réalisation du Vrai dans ses rapports avec les lois de l'homme intelligent et libre, et l'accroissement de la production par le travail commun, afm de pourvoir toujours plus sûrerement et plus abondamment aux besoins matériels de la vie.
Evidemment ce double but de l'activité sociale implique, à un degré quelconque qui marque celui du progrès accompli, la connoissance préalable des divers ordres de lois dont nous avons jusqu'ici traité, les lois de Dieu, les lois de l'Univers, les lois absolues de l'Etre nécessaire, les lois relatives des êtres contingents ; car le propre de l'homme, ce qui, dans le monde qu'il habite, le distingue des autres créatures et l'élève au-dessus d'elles, est de savoir afin de vouloir, d'être, sous ce rapport, Tinstrument libre de son développement, indéfiniment progressif comme la connoissance.
Religion, morale, droit, devoir, institutions politiques, civiles, économiques, tels sont les principaux objets qu'enveloppe l'idée de société. Il n'en est certes point qui nous touchent de plus près, dont l'importance soit pour nous plus grande. Nostra res agitur : c'est de nous qu'il s'agit, de notre destinée et présente et future. L'histoire des religions, des