DES PRINCIPES PREMIERS CONSTITUTIFS DES CBOSES
Aucune théorie n'a dans la Science de valeur réelle et définitive, qu'autant qu'elle se légitime par sa liaison étroite, indissoluble, avec ce qui, indépendant de toute condition extérieure à soi, antérieure à soi, offre dans son idée invariable et inaltérable, absolue enfin, le caractère de nécessité. Car rien ne peut être qui ne dérive de ce qui est nécessairement, qui n'ait en lui et sa raison et son origine, puisqu'autrement il les auroit dans ce qui n'est pas.
Or l'Univers n'a point ce caractère de nécessité : tout y est relatif, contingent. L'Univers n'a donc pas en soi sa raison, et conséquemment la science de l'Univers dépend d'une science antécédente, et plus haute en ce sens qu'elle a pour objet, non ce qui commence et finit, ce qui varie, ce qui peut être et ne pas être, mais ce qui subsiste de soi-même immuablement, ce que l'esprit conçoit comme nécessaire et absolu.
4S ne PARTIE. — DE L'HOM3IE.
L'absolu, le nécessaire enferme en soi l'idée d'unité et d'infinité. Toute science du fini a donc sa racine dans la science de l'Etre infini, comme tout être fini a en lui sa raison et son origine. Hors de là, il n'existe, en ce qui touche les causes véritables, que de pures hypothèses, qu'on peut également admettre ou rejeter, n'étant point démontrables; et encore si partielles, si arbitraires qu'elles soient, enveloppent-elles implicitement la notion de certaines énergies primordiales et nécessaires dèslors. Séparées de cette notion qu'elles impliquent forcément, elles seroient dépourvues de toute espèce de sens.
En traitant de l'Etre infini, absolu, nécessaire, nous avons étabh qu'on ne le pouvoit concevoir sans concevoir en lui.
Premièrement, ce quelque chose de premier et d'à jamais incompréhensible qu'on nomme substance ;
Secondement, trois propriétés inhérentes à la substance et radicalement distinctes entre elles, la force par qui l'être est, qui le réalise éternellement, la forme qui le détermine à être ce qu'il est, l'amour, la vie ou le principe d'union, lien de la force et de la forme qu'il ramène à l'unité de la substance;
Troisièmement, ce qui termine dans l'entendement divin chaque idée diverse, ce par quoi se pro-