‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 25 sur 229 · LIVRE X«.— CHAPITRE Iïl · texte numérisé non relu

LIVRE X«.— CHAPITRE Iïl

duit la multiplicité dans Tiinité, ou le principe de distinction, qui représente le fini dans l'Etre infini, et, réalisé hors de lui, devient la limite effective des êtres créés ou ce que nous appelons matière.

Rien ne pouvant être qui ne renferme en soi les conditions essentielles de l'Etre, tout être créé implique d'abord un fonds substantiel, lequel n'est qu'une communication, une participation de la substance une et infinie ; et cette substance communiquée implique aussi nécessairement les trois propriétés inhérentes à la substance infinie dont elle n'est qu'une participation limitée ; unes par ce qui constitue fondamentalement fêtre, diverses seulement par leurs modes d'être réciproquement incommunicables, ou, en d'autres termes, contradictoires dans le même être individuel.

11 suit de là qu'au point de vue le plus général, la création, du côté de Dieu, est Facte par lequel il se reproduit perpétuellement au-dehors de luimême, suivant une loi de développement déterminée par l'ordre essentiel qui enchaîne dans son unité tout ce qu'il renferme en soi ; développement éternel dès-lors, puisque la condition du fini à laquelle il est soumis nécessairement, ne permet pas qu'il atteigne jamais son dernier terme qui est l'infini même.

L'acte par lequel Dieu crée ou se reproduit lui-

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même par une limitation effective de son être, n'est pas compréhensible en soi, parce qu'étant un acte immédiat de Dieu, conséquemment un acte infini, et, de plus, un acte simple de la toute-puissance séparée de ce qui seul la rend intelligible, la forme, il échappe, sous ce double rapport, à la pensée qui ne peut comprendre Finûni, et, dans le fini même, ne comprend rien qui ne soit déterminé par la forme. L'esprit ne sauroit donc se poser de plus "vaines questions que celles qui impliquent, pour arriver à la solution rationnelle cherchée, ces conceptions impossibles.

Mais si l'on ne conçoit pas Tacte créateur, on en conçoit le terme, on conçoit FUnivers dans les bornés variables de la connoissance acquise et sans cesse progressive.

Or, de ce qu'on a dit, il suit en second lieu, que, la Création offre d'abord l'idée primordiale de substance, de substance limitée et par conséquent divisible ; et ce caractère qui l'affecte en soi, affectant également de toute nécessité ses modes d'être, avec lui naissent les idées connexes de temps et d'espace, d'étendue et de succession, lesquelles se résolvent, selon leur objet respectif, dans l'idée de hmite.

Mais, quel que soit le mode, fini ou infini, sous lequel existe la substance, toujours ren ferme- 1- elle les trois propriétés essentielles et distinctes qu'on a

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