LIVRE X^ — CHAPITRE \IV. S
que, ces trois énergies nécessaires, et nous avons cru les trouver dans ce que la Science appelle électricité, lumière, calorique, considérés en soi, dans leur essence, indépendante de leurs rapports particuliers avec nos sens.
A raison de l'idée distincte qui spécifie pour nous chacune de ces énergies, nous avons ajouté qu'elles constituoient autant de fluides divers, et cela est vrai, si Ton n'envisage que leur essence et leurs fonctions radicalement diverses en effet. Dans un sens rigoureux, ce ne sont pas toutefois trois fluides isolés, séparés pour ainsi dire substanliellement, mais trois propriétés distinctes, réciproquement inconvertibles, inhérentes à Téther ou au fluide universel, et qui concourent simultanément à tous les phénomènes qui se produisent en lui, comme dans la substance infinie coexistent nécessairement trois propriétés distinctes, lesquelles concourent simultanément à tout ce qui se produit en elle; et les propriétés de la substance finie, identiques à celles de la substance infinie, n'en diffèrent que par la limite. Peu importe, au reste, que Téther soit supposé résulter de Tunion de trois fluides essentiellement divers, ou que le considérant avant tout dans son imité, on reconnoisse dans cette unité trois propriétés essentiellement diverses. La différence est purement verbale. Car, dans le premier cas, les trois
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fluides divers inséparablement unis ne sont que la substance même spécifiée par des propriétés diverses ; et, dans le second cas, la substance spécifiée par des propriétés diverses, offre évidemment, sous chacune de ces spécificafibns diverses, l'idée d'un fluide également divers. On peut donc, ceci expliqué, user de l'un ou de l'autre langage, suivant qu'il paroît plus ou moins favorable à la clarté de l'exposition. Le mot éther fixe d'abord l'esprit sur Funité substantielle des propriétés, des énergies primordiales; les mots de fluide électrique, de fluide lumineux, etc., l'arrêtent, au contraire, sur la considération de ce qui, dans la substance une, se caractérise par quelque chose d'essentiellement distinct. Ce ne sont pas deux notions, deux idées différentes, mais deux points de vue de la même idée.
Rien ne seroit, s'iln'étoit substantiellement. L'idée de substance est donc la première qui nécessairement se conçoive dans l'éther ou dans le fluide universel ; et l'éther non-seulement est partout, est le lieu de tout, mais, en tant que substance, est le fonds de tout.
Rien encore ne seroit sans une énergie, une force interne qui le réalise incessamment. La substance implique donc une force qui lui soit propre, un principe actif, raison de l'existence, et, dans l'ordre