LIVRE X«. — CHAPITRE Iïï«. SS
fini, producteur (lu mouvement sans lequel nul phénomène possible.
Rien ne seroit non plus, s'il n'étoit d^une certaine manière ou s'il n'étoit déterminé. La substance implique donc un principe de forme qui la détermine, et, dans Tordre fini, détermine en elle les formes indéfiniment variées que la force engendre par le mouvement ; et le mouvement lui-même, tant qu'il ne se réduit pas au simple concept d'activité abstraite, implique une direction, qui implique ellemême ridée de forme, l'idée d'une détermination dont le principe diffère du principe du mouvement et réside hors de lui, car tout mouvement est apte en soi à toutes les directions et indifférent à chacune d'elles.
Rien ne seroit enfin, si une certaine énergie spéciale n'opéroit en chaque être l'union de la force et de la forme, sans quoi leur coexistence, contradictoire dans la substance une, impliqueroit simultanément et sous le même rapport l'unité et la dualité. Cette énergie spéciale, qui ramenant la diversité à l'unité, accomplit l'être et le rend possible, est la vie dans son acception la plus universelle.
Il résulte de ce qui précède que la notion des propriétés qu'on vient d'énumérer est inséparable de la notion de substance; qu'aucune des propriétés de la substance ne suffit seule pour l'expliquer, non
plus que les phénomènes qui se produisent en elle; et que, se caractérisant par quelque chose d'aussi radicalement divers que les idées respectives de force ou d'activité pure, de forme ou de détermination, d'union ou dévie, chacune de ces propriétés, essentiellement distincte et complète en soi, ne peut être conçue comme une simple modification d'une propriété unique. Ce qu'elles ont de commun doit être cherché hors d'elles puisqu'elles diffèrent par leur essence même, et dès-lors n'est autre que la substance à laquelle elles sont inhérentes, qui les suppose et qu'elles supposent non moins nécessaire ment ^
Réciproquement, étant données les propriétés de la substance, on en doit déduire, dans ses généralités de tous les ordres, la science des phénomènes ; c'est-à-dire qu'elles comprennent toutes les causes premières, nécessaires et universelles, au moyen desquelles la science se rend compte des faits successivement constatés par Tobservalion.
Tout phénomène implique, en effet, un certain mouvement déterminé, ainsi que l'union intime, permanente de ce qui produit le mouvement et de
' Ainsi , si l'on identifie , dans le monde physique , l'électricité et le principe de force, la lumière et le principe de forme , le calorique el le principe d'union ou de vie, l'éther ou la substance sous son mode fini, est à la fois , dans son unité radicale, électricité, lumière, calorique.